La Coupe du monde 2026 s'est achevée après six semaines d'un marathon inédit à 48 nations sur le continent nord-américain. Entre séquences d'émotion pure et lourdeurs d'un format entièrement remanié, le tournoi laisse un bilan contrasté, qui aura davantage fait débattre que réellement vibrer jusqu'au bout.
Parmi les réussites du Mondial figure un nouveau protocole d'avant-match : l'ensemble des effectifs, titulaires et remplaçants confondus, se regroupe désormais en cercle autour du rond central pour les hymnes nationaux. Cette mise en scène a donné une dimension plus solennelle et plus fraternelle au moment qui précède le coup d'envoi, en valorisant le groupe entier plutôt que les seuls titulaires.
Le tournoi a aussi rassuré sur le plan du spectacle : seuls 8 matchs se sont soldés par un score vierge, soit 7,7 % des rencontres, une proportion nettement plus basse que lors des éditions précédentes. Des nations comme l'Égypte, qui a fait douter la Belgique et l'Argentine, ont préféré l'audace au calcul, produisant des scénarios souvent spectaculaires plutôt que des matchs verrouillés.
Le Cap-Vert restera l'histoire marquante de cette édition. Portés par leur gardien Vozinha et le jeune Sidny Cabral, les Tubarões Azuis ont tenu en échec l'Espagne, future championne du monde, dès la phase de groupes, avant de pousser l'Argentine jusqu'aux prolongations en seizièmes de finale (3-2 a.p.). Aucun des deux finalistes n'est ainsi parvenu à battre le Cap-Vert dans le temps réglementaire.
Le format à 48 équipes a en revanche montré ses limites. Des affiches déséquilibrées, impliquant des sélections comme Curaçao, l'Irak, l'Ouzbékistan ou la Jordanie, ont creusé l'écart avec les meilleures nations, tandis que le système des meilleurs troisièmes a réduit la pression sur les favoris, à l'exception du Paraguay contre l'Allemagne. La FIFA et Gianni Infantino évoqueraient déjà un passage à 64 nations dès 2030, une perspective qui interroge sur la qualité du spectacle.
Enfin, la chaleur et les longues distances entre les villes hôtes ont pesé sur la fraîcheur physique des joueurs, la Belgique en étant l'exemple le plus frappant, tandis que les pauses fraîcheur et une mi-temps de finale étirée à près de 30 minutes ont nourri les critiques sur la dérive commerciale du tournoi. Hormis l'épopée cap-verdienne, la hiérarchie mondiale est restée peu bousculée, laissant un sentiment de prévisibilité au terme de ce marathon.
