La réunion du Comité exécutif de la CAF à Rabat invite à replacer la question de l'unité africaine dans une perspective historique. Dans le football continental, l'unanimité affichée par les dirigeants avant les grands rendez-vous électoraux de la FIFA n'a pas toujours résisté à l'épreuve des urnes, une fois le vote venu.

L'élection présidentielle de la FIFA en 1998 à Paris en donne un premier exemple. Alors que Lennart Johansson, président de l'UEFA, semblait bénéficier d'un large soutien international et que plusieurs voix africaines lui étaient acquises après une assemblée générale de la CAF, le vote du continent n'a finalement pas suivi une ligne aussi homogène qu'annoncé. C'est Sepp Blatter qui l'a emporté face au Suédois, porté par un basculement de plusieurs soutiens attendus.

Quatre ans plus tard, à Séoul en 2002, l'épisode a été plus marquant encore pour le football africain. Issa Hayatou, alors président de la CAF et candidat à la présidence de la FIFA, pensait pouvoir s'appuyer sur un soutien massif du continent. Il n'a pourtant recueilli que 56 voix face à Sepp Blatter, un résultat qu'il a lui-même vécu comme une trahison. Le rôle joué en coulisses par le dirigeant qatari Mohamed Bin Hammam, alors président de la Confédération asiatique, a souvent été évoqué par les observateurs comme un facteur clé de cette campagne.

Plus récemment, en mars 2025, l'assemblée générale de la CAF a de nouveau montré ce décalage entre pronostics et résultats. Le renouvellement partiel du Comité exécutif, sous la présidence de Patrice Motsepe, ainsi que celui des membres africains au sein des instances de la FIFA, n'ont pas respecté les prévisions annoncées. L'élection surprise du Nigérien Djibrilla Hima Hamidou, dit «Pelé», au Conseil de la FIFA, ou le retour inattendu du Mauricien Samir Sobha au Comex de la CAF, en sont des illustrations directes.

Dans ce contexte, cinq dirigeants africains ont pris ouvertement position en faveur de Gianni Infantino avant et pendant la réunion de Rabat : le Marocain Fouzi Lekjaa, premier vice-président de la CAF et membre du Conseil de la FIFA, l'Égyptien Hany Abo Rida, le Nigérien Djibrilla Hima Hamidou, le Mauritanien Ahmed Yahya et le Congolais Veron Mosengo-Omba, ancien secrétaire général de la CAF.

Cette mémoire des scrutins passés invite à la prudence dans la lecture des soutiens actuels : un communiqué d'unanimité, aussi solennel soit-il, ne préjuge pas toujours du comportement des électeurs une fois l'heure du choix venue.

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