L'AS Saint-Étienne s'est imposée comme la grande favorite à la montée directe en Ligue 1 cette saison, après avoir manqué de peu l'accession lors de l'exercice précédent. Le club du Forez a lancé sa campagne tambour battant avec cinq victoires en cinq matches, avant de connaître un léger coup de frein avec une défaite et un match nul lors des deux journées suivantes.
Cette domination affichée en Ligue 2 a valu à l'ASSE d'être présentée par certains observateurs comme le "PSG de la L2", une comparaison renvoyant à la puissance financière du club parisien. Une étiquette qu'Ivan Gazidis, le président du club stéphanois, a tenu à démentir fermement dans des propos rapportés par L'Equipe.
"J'ai vu que nous étions décrits comme le PSG de la L2. Ce n'est pas vrai. Ce club avait besoin d'investissements justes", a-t-il déclaré, avant de préciser la philosophie qui guide la direction du club depuis la prise de contrôle par le groupe canadien Kilmer.
Gazidis a insisté sur le fait que les moyens engagés ne relèvent pas d'une simple injection de capitaux destinée à provoquer une remontée express. "Nous n'y injectons pas simplement de l'argent. Nous voulons construire un club financièrement pérenne, capable de tenir sur ses propres pieds, de produire sa propre réussite et d'être fort par lui-même", a-t-il expliqué, tout en reconnaissant : "Nous avons déjà beaucoup investi. Nous avons la chance d'avoir Larry (Tannenbaum, propriétaire du club)."
Ce discours s'inscrit dans la continuité de la stratégie affichée par la direction stéphanoise depuis le rachat du club, qui avait connu une relégation en Ligue 2 synonyme de restructuration profonde, tant sur le plan sportif que financier. Le président a détaillé la logique de long terme qui sous-tend les choix du club : "Cela nous permet de ne pas prendre dans l'urgence des décisions que nous savons mauvaises à long terme : ne pas être obligés de vendre un joueur, pouvoir en recruter un si nous pensons qu'il est spécial, investir dans les terrains, la salle de gym, le staff ou la nutrition."
Gazidis a également écarté l'idée d'un objectif exclusivement tourné vers la montée immédiate au détriment de la construction durable du projet. "Nous ne voulons pas tout sacrifier pour être promus cette année. Puis oublier ce qui se passera ensuite", a-t-il averti, une formule qui tranche avec la pression souvent associée aux clubs historiques relégués et pressés de retrouver l'élite.
Le dirigeant a par ailleurs livré un éclairage sur la vision du propriétaire du club : "Larry (Tannenbaum) ne se voit pas comme propriétaire de l'ASSE mais comme gardien. Nous ne serons pas là pour toujours. Le club et les supporters, eux, le seront." Il a cité en référence Arsène Wenger, avec qui il a travaillé à Arsenal : "Arsène Wenger me disait toujours que son objectif était de laisser le club mieux qu'il ne l'avait trouvé à son arrivée. C'est aussi le nôtre."
Interrogé sur l'attrait initial du club pour les nouveaux investisseurs, Gazidis a évoqué un potentiel de développement identifié dès le rachat : "La raison pour laquelle nous nous sommes intéressés à l'ASSE concernait son potentiel de développement. Nous avançons étape par étape. Cela prend du temps." Il a souligné que cette saison marque une étape symbolique dans l'appropriation du projet par la nouvelle direction : "C'est la première saison où nous pouvons dire que le club et l'équipe sont vraiment les nôtres : les joueurs (hors Larsonneur et Cardona, prêté à l'arrivée de Kilmer, puis définitivement stéphanois), le staff, ce sont nos choix."
Au-delà de la polémique sémantique autour de la comparaison avec le PSG, ces déclarations dessinent la ligne directrice que l'ASSE entend suivre quel que soit le dénouement de la saison en Ligue 2 : un club structuré financièrement, capable d'absorber les aléas sportifs sans remettre en cause son équilibre économique, à rebours du modèle de dépenses ponctuelles parfois associé aux clubs relégués cherchant une remontée rapide à tout prix.

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