Andy Robertson a livré un témoignage bouleversant sur l'impact du décès de Diogo Jota sur la saison de Liverpool, dans un épisode du podcast The Overlap. Pour l'ancien latéral des Reds, parti à Tottenham cet été, le club n'a jamais vraiment réussi à se relever du drame survenu le 3 juillet 2025, lorsque l'attaquant portugais et son frère ont trouvé la mort dans un accident de voiture en Espagne.
"Le football nous importait peu. On venait de perdre l'un de nos meilleurs amis dans le vestiaire", a confié Robertson, décrivant une équipe traumatisée qui peinait à retrouver l'envie de se battre. Selon lui, cette perte a directement affecté la capacité du groupe à répondre présent sur le terrain : "Tous les footballeurs ont cette niaque, cette rage de vaincre, et je pense que lorsqu'on perd ce supplément d'âme, il arrive qu'on ne puisse plus donner le meilleur de soi-même."
Le contraste est d'autant plus frappant que Liverpool sortait d'un exercice quasi parfait, conclu par un vingtième titre de champion d'Angleterre. Fort de cette dynamique, le club avait lancé l'été 2025 l'un des mercatos les plus ambitieux de son histoire récente, avec 445 millions de livres (environ 520 millions d'euros) investis dans le recrutement. Malgré cet effort financier colossal, les Reds n'ont terminé qu'à la cinquième place de Premier League la saison dernière, loin des standards fixés un an plus tôt.
Parmi les recrues estivales figuraient les trois plus gros transferts du marché anglais cette saison-là : Alexander Isak (150 millions d'euros, en provenance de Newcastle), Florian Wirtz (125 millions d'euros) et Hugo Ekitike (95 millions d'euros). Deux d'entre eux ont connu des débuts compliqués à Anfield : Isak a été tenu éloigné des terrains plusieurs mois après une fracture de la jambe, tandis que Wirtz a dû patienter quatre mois avant de débloquer son compteur de buts sous ses nouvelles couleurs.
Robertson insiste sur le fait que ces difficultés d'adaptation ne relèvent pas uniquement d'un problème sportif ou d'intégration classique. "Si l'on parle des nouvelles recrues, elles sont arrivées dans un club au coeur brisé", explique-t-il. "C'est là que j'avais vraiment de la peine pour ces gars : ils venaient de signer, parfois pour des sommes importantes. Il leur a fallu des mois pour trouver leurs marques, car nous étions comme des fantômes."
L'ancien international écossais évoque également le sentiment d'incompréhension qui a traversé le vestiaire au moment le plus dur : "Avec le recul, je crois que nous avons perdu cette flamme, cette détermination la saison dernière. On se disait parfois : 'à quoi bon ?' Il suffisait de voir ce que traversait sa famille, ses enfants..." Un désarroi renforcé par la proximité personnelle entre les joueurs et l'attaquant portugais, que Robertson qualifie de "coéquipier" et d'"ami", et non de simple partenaire de vestiaire.
Le témoignage prend une dimension encore plus intime lorsque Robertson rappelle avoir assisté au mariage de Diogo Jota la semaine précédant l'accident. "Passer de l'un à l'autre... C'est sans doute l'une des choses les plus éprouvantes qu'on puisse vivre. Le voir vivre le plus beau jour de sa vie, et ensuite, la semaine suivante, voir sa famille brisée", a-t-il confié, résumant l'ampleur du choc vécu par l'ensemble du groupe.
Robertson n'est pas le seul membre de l'effectif à avoir évoqué publiquement le poids de ce deuil. Ibrahima Konaté, défenseur français de Liverpool, avait lui aussi témoigné peu avant la Coupe du monde 2026 sur France Inter, décrivant une saison sans réel entrain : "C'est quelque chose qui m'a dévasté, je n'avais plus goût à rien à ce moment-là." Il avait ajouté que la personnalité de Diogo Jota rendait sa disparition d'autant plus incompréhensible aux yeux de ses coéquipiers : "C'est le dernier que chaque joueur aurait choisi pour que ça arrive."
Ces témoignages convergents apportent un éclairage rare sur les coulisses d'une saison qui avait pourtant démarré avec les ambitions les plus hautes. Ils rappellent aussi que les grandes dépenses estivales, aussi spectaculaires soient-elles sur le papier, ne suffisent pas à garantir des résultats lorsque le groupe traverse une épreuve humaine de cette ampleur. Pour Liverpool, la reconstruction sportive amorcée cette saison s'accompagne donc d'un travail moins visible, mais tout aussi déterminant : celui du deuil collectif d'un vestiaire qui continue de porter la mémoire de son ancien attaquant.

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