L'Atlético Madrid a répondu lundi soir à José Mourinho, trois jours après la victoire des Colchoneros 2-1 dans le derby madrilène face au Real. Dans une vidéo publiée sur ses réseaux sociaux, le club a imprimé une feuille portant le message « Stop au harcèlement arbitral maintenant », en écho direct à la sortie médiatique de l'entraîneur portugais en conférence de presse.
L'origine de la polémique remonte au lendemain de la défaite du Real. Frustré par ce revers contre le voisin, Mourinho avait sorti une feuille A4 imprimée de deux photos d'actions litigieuses, reprochant à l'arbitre de la rencontre et au délégué vidéo d'avoir omis deux cartons rouges : un premier pour une faute de Cristian « Cuti » Romero sur Jude Bellingham, un second pour une intervention de Kang-in Lee.
Le derby madrilène est l'un des rendez-vous les plus disputés du football espagnol, tant sur le plan sportif qu'émotionnel, opposant deux clubs voisins aux trajectoires longtemps très différentes avant que l'Atlético ne s'impose comme un rival régulier du Real ces quinze dernières années. Une défaite dans ce contexte pèse toujours plus lourd dans l'opinion publique madrilène qu'un revers ordinaire, ce qui explique en partie la vivacité de la réaction de Mourinho au lendemain de la rencontre.
En imitant ce même procédé visuel — feuille imprimée brandie devant les caméras — l'Atlético a choisi de répondre à Mourinho sur son propre terrain de communication plutôt que par un simple communiqué. La vidéo montre l'entraîneur portugais durant sa conférence de presse, accompagné du message dénonçant ce que le club considère comme une pression excessive et récurrente sur le corps arbitral.
Cette séquence s'inscrit dans un climat plus large de tensions entre les grands clubs espagnols et l'arbitrage, régulièrement pointé du doigt en Liga ces dernières saisons, notamment depuis la généralisation de l'assistance vidéo. Mourinho, connu de longue date pour ses relations conflictuelles avec les instances arbitrales tout au long de sa carrière en Angleterre, en Italie puis en Espagne, n'en est pas à sa première sortie de ce type.
Le président de la Liga, Javier Tebas, a lui aussi réagi publiquement, dans des propos rapportés par le quotidien AS. « Je comprends les plaintes, mais jamais la forme », a-t-il déclaré, ajoutant que le Real n'avait pas perdu le derby à cause des décisions arbitrales contestées.
Sur le fond des actions litigieuses, Tebas a livré une position nuancée : selon lui, la faute de Cuti Romero sur Bellingham ne méritait pas un carton rouge, mais celle de Kang-in Lee aurait dû être plus sévèrement sanctionnée. « On peut mettre un rouge, cela peut sembler mériter un rouge, et si on le siffle, il n'y a pas de problème », a-t-il résumé, une prise de position qui ne devrait pas apaiser les supporteurs madrilènes.
Le recours à l'assistance vidéo continue par ailleurs d'alimenter les controverses dans le championnat espagnol, où plusieurs entraîneurs ont ces dernières saisons publiquement mis en cause la cohérence des décisions arbitrales rendues avec ou sans intervention du VAR. Le cas du derby madrilène s'ajoute ainsi à une série de polémiques qui interrogent régulièrement la Liga sur la lisibilité de ses critères d'arbitrage.
Ce nouvel épisode intervient alors que le Real Madrid entame une trêve de trois semaines sans match officiel, une pause qui laisse le temps à la polémique de s'installer durablement dans le débat médiatique espagnol avant la reprise de la Liga.
Au-delà du seul résultat du derby, cet échange par vidéos interposées illustre la manière dont les clubs espagnols utilisent désormais directement leurs réseaux sociaux pour peser dans le rapport de force avec l'arbitrage et les instances, plutôt que de se limiter aux canaux institutionnels classiques. Aucune sanction disciplinaire n'a pour l'instant été annoncée par la Fédération espagnole à la suite des propos tenus par Mourinho, tandis que la Liga n'a pas indiqué si l'initiative de l'Atlético appellerait une quelconque réponse officielle de sa part.

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