Medhi Benatia a justifié dimanche, au micro du Canal Football Club, les importants investissements consentis par l'Olympique de Marseille durant son passage comme directeur sportif. Pour sa première apparition en tant que consultant, l'ancien dirigeant phocéen est longuement revenu sur la stratégie financière du club et les mercatos successifs menés sous sa responsabilité.
Interrogé sur l'ampleur des dépenses marseillaises, Medhi Benatia a d'abord rappelé la réalité économique du club : "Cela fait presque dix ans que l'Olympique de Marseille a le deuxième budget et la deuxième masse salariale de France", a-t-il souligné. Un rappel qui, selon lui, éclaire les choix de recrutement opérés ces dernières saisons.
Il a ensuite détaillé la logique derrière ces investissements : "Si tu veux titiller le Paris Saint-Germain, t'assurer la deuxième place et réaliser de grands matchs, tu te dois de ramener un mix de joueurs expérimentés — ce qui n'est pas donné — ou des joueurs de qualité". Une déclaration qui replace les dépenses marseillaises dans le contexte plus large de la hiérarchie du football français, largement dominée par le club parisien depuis plusieurs années.
Cette recherche d'un mix entre expérience et qualité s'est traduite par plusieurs opérations marquantes durant son mandat, l'OM cherchant régulièrement à recruter des joueurs déjà confirmés dans de grands championnats plutôt que de miser uniquement sur de jeunes profils à fort potentiel, une stratégie plus coûteuse mais jugée nécessaire pour rivaliser immédiatement au sommet du championnat.
Medhi Benatia a également tenu à clarifier le fonctionnement interne du club durant cette période, balayant l'idée d'un directeur sportif agissant seul sur le marché des transferts. "Les choix que nous avons faits, nous les avons toujours validés avec l'entraîneur en place, Roberto De Zerbi, et avec la direction. Aujourd'hui, un directeur sportif ou un coach qui a le carnet de chèques et qui signe tout seul, ça n'existe pas, c'est important de le rappeler".
Cette précision intervient alors que les décisions de recrutement d'un club font régulièrement l'objet de critiques ciblées sur une seule personne, dirigeant ou entraîneur, alors même que ces choix résultent en réalité d'un processus collégial associant plusieurs strates de la direction sportive.
Évoquant la pression propre au contexte marseillais, en particulier sur la scène européenne, Medhi Benatia a assumé les risques inhérents à certains choix de recrutement ciblés : "La Coupe d'Europe est ancrée et très importante pour les Marseillais, tu te dois d'être performant. Tu essaies donc de faire venir des joueurs comme Bacha ou Nayef Aguerd. Quand ils sont bons, on te dit que c'est bien, et quand ils le sont moins, on te dit que c'était une erreur. C'est la règle, il faut l'accepter".
Nayef Aguerd, international marocain arrivé à l'OM lors de son mandat, illustre bien ce type de pari assumé par l'ancien directeur sportif : un profil expérimenté recruté pour renforcer immédiatement l'équipe, avec les attentes de résultats que cela suppose des supporters comme de la direction.
Medhi Benatia a mis un terme à son aventure marseillaise cet été, après plusieurs saisons passées à façonner l'effectif phocéen sur le marché des transferts. Son passage dans les coulisses du club aura été marqué par des ambitions assumées de podium et de performance européenne, avec les investissements financiers que cela implique dans un championnat structurellement dominé par le Paris Saint-Germain.
En choisissant de s'exprimer publiquement sur ces choix a posteriori, l'ancien dirigeant confirme aussi une tendance plus large chez les anciens directeurs sportifs et entraîneurs, de plus en plus nombreux à endosser un rôle de consultant pour analyser, une fois sortis du club, les décisions prises pendant leur mandat.

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