La Ligue Nationale de Football Professionnel (LNFP) avait annoncé une prolongation du mercato estival jusqu'au 25 septembre, au lieu du 15 initialement prévu. Une décision officielle sur laquelle les clubs de Botola Pro se sont appuyés pour poursuivre leurs négociations, retarder certaines signatures et finaliser des arrivées en provenance de l'étranger. Quelques jours plus tard, la FIFA a refusé cette prolongation, laissant plusieurs dossiers en suspens.
Le résultat est immédiat : des négociations interrompues en pleine phase finale, des transferts qui ne pourront pas être bouclés dans les délais et des clubs qui subissent les conséquences d'un imbroglio administratif dont ils ne sont pas responsables. Depuis ce revirement, la LNFP n'a fourni aucune explication publique sur les raisons de cet échec ni sur la suite à donner aux dossiers bloqués.
Pour plusieurs clubs de Botola, cette marge supplémentaire devait surtout servir à boucler des arrivées en provenance de l'étranger, des dossiers souvent plus longs à finaliser en raison des démarches administratives internationales et des délais de transfert entre fédérations. En misant sur la date du 25 septembre, certains dirigeants avaient organisé leur fin de mercato autour de ce calendrier, quitte à repousser des signatures qu'ils auraient pu conclure plus tôt. Le revirement de la FIFA les prive désormais de cette marge de manœuvre, sans qu'aucune solution alternative n'ait été communiquée à ce jour.
Cet épisode intervient à peine un mois après un autre couac institutionnel. Le 18 août, la LNFP avait soumis au vote des présidents de clubs de première et deuxième division une proposition d'élargissement de la Botola à 20 équipes. Faute d'unanimité, le projet n'avait pas abouti, et la Ligue avait finalement annoncé, deux jours plus tard, le maintien des deux divisions professionnelles à 16 clubs pour la saison 2026-2027.
Pendant que ce débat occupait les instances dirigeantes, le calendrier de la compétition restait lui-même incertain. La reprise de la Botola est désormais fixée au 24 septembre, soit plusieurs semaines après le coup d'envoi des principaux championnats européens, déjà entamés depuis plusieurs journées à cette période de l'année.
Le problème soulevé par ce nouveau dossier dépasse la seule question du calendrier. Une instance qui publie une information officielle engage sa crédibilité auprès des clubs qui en dépendent pour organiser leur activité. Un communiqué de la LNFP n'a pas la même valeur qu'une simple rumeur de mercato : il constitue une base sur laquelle des décisions sportives et financières sont prises.
Plusieurs questions restent sans réponse à ce stade : pourquoi la date du 25 septembre a-t-elle été communiquée avant d'obtenir la certitude qu'elle serait validée par la FIFA ? À quel moment la LNFP a-t-elle eu connaissance du refus ? Et pourquoi les clubs n'ont-ils pas été informés clairement des conséquences pour leurs dossiers en cours ?
Ces interrogations s'adressent en premier lieu à Abdesslam Belkchour, président de la LNFP, chargé d'organiser le football professionnel marocain. Lorsqu'une annonce officielle de cette importance provoque une telle confusion, il revient à la direction de l'instance d'apporter des explications aux clubs concernés, plutôt que de laisser le dossier sans suite.
Cette succession d'annonces contradictoires intervient à un moment où le football marocain est scruté de près, entre projets d'infrastructures et ambitions internationales affichées ces dernières années. Une Ligue professionnelle est censée offrir aux clubs un cadre stable : des règles connues à l'avance, un calendrier lisible et des décisions sur lesquelles ils peuvent effectivement s'appuyer pour bâtir leurs effectifs.
Le projet de Botola à 20 clubs, un temps mis en avant par la LNFP, pouvait attendre une meilleure préparation. La gestion d'un mercato à 16 clubs, elle, ne devrait pas donner lieu à ce type d'incident. Avant d'envisager un élargissement de la compétition, la priorité affichée par les dirigeants du football professionnel marocain devrait porter sur la fiabilité des décisions déjà prises.

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