Vendredi, les seize clubs de la Botola Pro INWI connaîtront leurs adversaires et l'ordre des trente journées de la saison 2026-2027. Une première étape attendue après un été agité autour du format même du championnat, la Ligue nationale de football professionnel ayant finalement renoncé à faire passer la compétition de 16 à 20 équipes. Mais une fois les affiches tirées au sort, une question bien plus concrète restera entière : où et quand ces matchs seront-ils réellement joués ?
Le Maroc est engagé dans un vaste chantier de modernisation de ses infrastructures sportives en vue des prochaines grandes échéances internationales, Mondial 2030 en tête, et les villes d'Agadir, de Marrakech et de Fès sont particulièrement concernées. Le Grand Stade d'Agadir et celui de Marrakech sont indisponibles, tandis que le Complexe sportif de Fès entame une nouvelle phase de travaux. Les conséquences sont déjà connues : le Hassania d'Agadir recevra à Berrechid, l'US Amal Tiznit, tout juste promue, jouera à Mohammedia, et le Kawkab de Marrakech retrouvera son ancien fief d'El Harti, mais à huis clos.
La situation varie fortement selon les régions. Casablanca-Settat et Rabat-Salé-Kénitra disposent chacune de plusieurs enceintes homologuées, entre le Complexe Mohammed-V, le stade Larbi Zaouli ou le Complexe Moulay Abdellah. Ailleurs, les options se réduisent nettement, notamment à Fès-Meknès où les travaux limitent le choix au Stade d'Honneur de Meknès. Le cas le plus critique reste le Souss-Massa : Agadir et Tiznit comptent deux représentants dans l'élite, mais aucun des deux ne peut recevoir dans sa propre ville.
Dans ce contexte provisoire, Mohammedia et Berrechid sont devenues les solutions de repli quasi systématiques pour les clubs privés de domicile. Ces enceintes ont le mérite d'exister, mais elles transforment la nature même de la réception à domicile : jouer loin de sa ville et sans son public s'apparente davantage à une délocalisation qu'à un véritable avantage du terrain. Multiplier les équipes accueillies sur les mêmes sites complique en outre la cohabitation des calendriers.
Le tirage au sort de vendredi ne réglera qu'une partie du problème : il fixera l'ordre des 240 rencontres de la saison, sans leur attribuer ni date, ni horaire, ni stade. Un championnat à vingt clubs aurait représenté 380 matchs, soit 140 de plus que dans le format actuel, une charge logistique difficilement compatible avec le nombre d'enceintes disponibles aujourd'hui. Le retour au format à seize équipes évite ainsi d'ajouter une complexité supplémentaire à une programmation déjà sous tension.

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