Le débat autour d'une Botola à 20 clubs, finalement abandonné pour la saison prochaine, aura au moins eu le mérite de remettre sur la table une question centrale : que faut-il faire pour rehausser le niveau d'un championnat marocain qui semble marquer le pas ? Passer de 16 à 20 clubs n'aurait rien réglé, bien au contraire, tant la Fédération peine déjà à organiser une compétition à 16 équipes. La saison dernière s'est achevée tardivement, dans une relative indifférence, et sans la Coupe du Trône, reportée à l'exercice suivant.
La dernière fois que le championnat national avait été élargi à 20, voire 24 clubs répartis en deux groupes avec playoffs, remonte aux années 1980. La raison tenait alors à la possibilité de repêcher certains clubs relégués, une logique où les intérêts politiques primaient sur le sportif. Cette époque est aujourd'hui révolue, et un retour en arrière sous une forme ou une autre n'aurait guère de sens.
Avec l'exposition inédite offerte par l'équipe nationale ces dernières années, l'enjeu n'est plus seulement d'organiser un championnat, mais de le rendre capable de produire des joueurs, ou des projets de joueurs, de très haut niveau. L'écart entre le niveau des clubs de Botola et celui de la sélection est flagrant, presque gênant, et il s'agit désormais de le réduire concrètement plutôt que de se contenter de le constater.
Cela ne se décrète pas : cela s'impose. On ne peut pas s'appuyer uniquement sur l'Académie Mohammed VI, qui accomplit pourtant un travail remarquable. La formation et l'intégration des jeunes joueurs devraient figurer explicitement dans les cahiers des charges imposés aux clubs d'élite. En dehors du Touarga et du FUS de Rabat, qui évoluent sans réelle pression populaire, rares sont les clubs à oser lancer de jeunes éléments, certains n'en formant même aucun parmi les U20, aujourd'hui largement minoritaires dans le championnat.
Une réforme sérieuse devrait donc porter sur ces critères d'accès à l'élite : une comptabilité saine, des garanties sur la viabilité du centre de formation lorsqu'il existe, et le respect d'un quota de jeunes formés au club. Peu de clubs, aujourd'hui, seraient capables de répondre à un tel cahier des charges, sans doute bien moins que les seize actuels. La saison 2024-2025 du Chabab de Mohammedia, achevée avec seulement quatre points, illustre le problème : avec une réglementation plus stricte et faute de garanties suffisantes, le club n'aurait probablement jamais dû disputer cette édition du GNF1.
En attendant qu'une telle réforme voie le jour, il ne reste qu'à espérer que les 16 clubs qui prendront part à la prochaine édition de la Botola soient, au moins sur le papier, à la hauteur de l'enjeu.

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