Ayyoub Bouaddi n'a que 18 ans, mais il a déjà conquis le vestiaire de Manchester City et, surtout, son entraîneur. Dans un entretien accordé à Sky Sports, Enzo Maresca a fait l'éloge de son jeune milieu de terrain, recruté cet été pour 100 millions d'euros, en insistant sur une qualité qui dépasse largement le terrain : sa maturité.

"Il a un cerveau", a déclaré le technicien italien avec le sourire. "Il est très mature. Il a seulement 18 ans mais quand tu parles avec lui, il ne semble pas les avoir. Il fait plus 25 ou 26 ans." Maresca s'est dit convaincu que le joueur allait "très bien réussir" et devenir "un top joueur pour ce club".

Formé en France avant de s'engager avec Manchester City cet été, Ayyoub Bouaddi s'était déjà fait remarquer comme l'un des plus jeunes talents prometteurs du football hexagonal. Binational franco-marocain, il a choisi de représenter les Lions de l'Atlas au niveau international, un choix qui s'inscrit dans la continuité d'une tendance observée ces dernières années chez plusieurs jeunes joueurs formés en France.

Ces propos interviennent alors que Bouaddi commence tout juste son intégration en Premier League. Le milieu de terrain a disputé deux rencontres de championnat en entrant systématiquement en cours de jeu, avant d'être titularisé mardi dernier pour ses grands débuts en Ligue des champions, à l'occasion de la victoire de Manchester City face au FC Porto (0-2).

Au-delà du cas individuel de Bouaddi, Maresca a tenu à replacer son propos dans un cadre plus large, celui de la gestion des jeunes talents au sein d'un effectif où évoluent également des profils comme Rayan Cherki. "C'est important que ces jeunes joueurs comprennent que le football est un sport d'équipe et qu'il ne s'agit pas seulement d'un joueur", a-t-il expliqué, rappelant que le temps de jeu fluctuera selon les matchs et les adversaires.

L'entraîneur des Skyblues a insisté sur la nécessité de ne pas braquer les projecteurs trop tôt sur ces jeunes recrues : "Il faut protéger les jeunes joueurs de ce qui peut se passer à l'extérieur ou à l'intérieur du club. Et surtout de nos jours où c'est plus difficile qu'il y a 15-20 ans. Tout le monde peut aujourd'hui te juger de manière négative mais aussi positive."

Ce discours de prudence tranche avec l'ampleur de l'investissement consenti par le club pour s'attacher les services du milieu marocain. Un montant qui, à lui seul, aurait pu placer une pression considérable sur les épaules d'un joueur à peine majeur, d'où l'insistance de Maresca à cadrer les attentes autour de son évolution plutôt que de les gonfler artificiellement.

La concurrence au milieu de terrain mancunien reste par ailleurs particulièrement relevée. Bouaddi devra s'imposer face à Enzo Fernandez (145 millions d'euros) et Elliot Anderson (135 millions d'euros), les deux recrues les plus chères de l'histoire du club, ce qui donne une idée du niveau d'exigence auquel il devra répondre pour s'installer durablement dans le onze de départ.

Cette trajectoire illustre plus largement l'élargissement du vivier de la sélection marocaine, qui s'appuie depuis plusieurs années sur un réseau de repérage étendu en Europe pour identifier les binationaux évoluant dans les grands centres de formation. L'arrivée de Bouaddi dans l'un des clubs les plus huppés du continent renforce cette dynamique et confirme l'attractivité croissante des jeunes talents marocains aux yeux des recruteurs européens. Les prochaines semaines, entre échéances de Premier League et de Ligue des champions, donneront une indication plus précise du rôle que Maresca compte réellement accorder à son jeune milieu de terrain, entre rotations mesurées et titularisations plus régulières si la confiance affichée publiquement se confirme sur le terrain.

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