Le Stade Brestois a rendu, dimanche 13 septembre, un hommage vibrant à son ancien entraîneur Eric Roy, décédé en juin dernier d'un cancer du pancréas à l'âge de 58 ans. La date de la réception du Paris Saint-Germain, en clôture de la 4e journée de Ligue 1, avait été choisie pour saluer sa mémoire devant le public de Francis-Le Blé. Malgré une défaite 1-0 face au champion de France, les Brestois ont livré une prestation combative qui a prolongé sur le terrain l'émotion ressentie dans les tribunes tout au long de la soirée.
Avant le coup d'envoi, le président du club Denis Le Saint a déposé une gerbe de fleurs devant une fresque à l'effigie de l'ancien technicien, installée aux abords du stade et appelée à devenir un lieu de mémoire durable pour les supporters. Dans la foulée, Marquinhos et Luis Campos, capitaine et conseiller sportif du Paris Saint-Germain, ont eux aussi déposé une gerbe dans la zone technique, à l'endroit précis où Eric Roy avait pour habitude de se tenir pendant les matches. Ce geste du club parisien, venu pourtant en position d'adversaire du soir, a souligné combien la disparition de l'entraîneur avait dépassé le seul cadre brestois pour toucher l'ensemble du football français.
L'hommage s'est décliné en une succession de symboles pensés pour marquer les esprits. Les joueurs se sont échauffés vêtus d'un tee-shirt à l'effigie de « King Eric », une initiative portée par les Ultras Brestois, avant de dévoiler un tifo intitulé « éternel brestois » dans les travées du stade. Pendant la rencontre, un flocage spécial « King » figurait sur les maillots des joueurs, en lieu et place des noms habituels, transformant l'équipe entière en porteuse du message.
L'entrée des deux équipes sur la pelouse s'est faite sur les premières notes de Magnificent, du groupe U2, présentée comme la chanson préférée de l'ancien entraîneur. Un silence s'est ensuite abattu sur l'enceinte le temps d'un discours de Victoria-Rose Roy, la fille du défunt, présente main dans la main avec sa mère Loetitia Roy devant un stade suspendu à ses mots.
« On voulait remercier l'équipe, le CHU de Brest pour avoir accompagné papa dans sa maladie, remercier les supporters, a-t-elle déclaré. Il y a eu beaucoup d'amour. Le football c'est de l'amour, de la passion, du lien, c'est ce qu'il a transmis. Vive Brest, merci. » Ces quelques mots ont résumé, mieux qu'un long discours, l'attachement d'une ville entière à un homme qui avait marqué son histoire récente sur et en dehors du terrain.
Eric Roy avait dirigé le Stade Brestois à plusieurs reprises au cours de sa carrière d'entraîneur, entamée après une carrière de joueur passée notamment du côté de Nice et de Marseille. Sa disparition, annoncée au mois de juin, avait déjà suscité une vague d'hommages dans le monde du football français, tant sa personnalité et son franc-parler avaient marqué ses différents passages sur les bancs de Ligue 1 et de Ligue 2 au fil des saisons.
Ce type de cérémonie, de plus en plus fréquent dans le football français lorsqu'une figure marquante disparaît, dépasse largement le cadre sportif : il s'agit pour un club de rendre visible, devant son propre public mais aussi devant l'adversaire du soir, l'empreinte laissée par un homme sur une institution entière. La participation active du Paris Saint-Germain au dispositif, alors même que la rencontre comptait pleinement pour le classement de Ligue 1, illustre la manière dont ces moments transcendent ponctuellement la rivalité sportive habituelle entre deux clubs.
Sur le terrain, les Brestois n'ont pas réussi à décrocher la victoire qui aurait parfait la soirée, s'inclinant 1-0 face à des Parisiens auteurs de plusieurs occasions franches au fil de la rencontre. Mais l'engagement affiché pendant quatre-vingt-dix minutes, salué par le public de Francis-Le Blé jusqu'au coup de sifflet final, a été perçu par les observateurs comme une manière pour le groupe de rendre, à sa façon, un dernier hommage sportif à son ancien entraîneur.
Au-delà de cette soirée particulière, le club brestois a indiqué vouloir perpétuer la mémoire d'Eric Roy de manière pérenne, la fresque dévoilée avant la rencontre ayant vocation à rester visible aux abords du stade pour les prochaines saisons. Un symbole appelé à rappeler, à chaque match à domicile, l'attachement d'une ville et d'un club à l'un des hommes qui les a marqués.

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