Consultant pour Canal+ depuis son départ du banc des Lions de l'Atlas, Walid Regragui n'a pas mâché ses mots dimanche sur le plateau de Canal Football Club (CFC) au sujet du dénouement chaotique de la finale de la Coupe d'Afrique des nations (CAN 2025), disputée en janvier dernier à Rabat et remportée par le Maroc. L'ancien sélectionneur national a jugé que la décision prise par Pape Thiaw, alors entraîneur du Sénégal, de retirer son équipe du terrain en protestation contre un penalty accordé au Onze national « salit le foot africain ».

Selon Walid Regragui, ce geste comme le comportement des joueurs sénégalais, qui ont quitté la pelouse pendant un temps prolongé, « démontrent » certains travers régulièrement reprochés au football africain sur la scène internationale. « Si le règlement avait été appliqué, ils auraient pris un deuxième jaune et ils auraient dû reprendre à neuf », a-t-il rappelé, estimant que la partie avait été rendue « compliquée pour les deux équipes » par cet épisode.

La finale de la CAN 2025, qui devait sacrer sur le terrain l'équipe nationale marocaine face au Sénégal, s'était achevée dans la confusion après l'octroi d'un penalty controversé au Maroc et le retrait temporaire des joueurs sénégalais du rectangle vert. Le titre a finalement été attribué au Onze national marocain « sur tapis vert », c'est-à-dire par décision administrative plutôt que par une victoire actée en fin de match devant le public de Rabat — une issue que Walid Regragui lui-même regrette dans sa forme, tout en défendant sa légitimité sur le fond.

« Ce qui est dommage, c'est que ça arrive un peu tard et que ça se joue du côté administratif », a-t-il déploré, rappelant que « tout le monde souhaite toujours monter sur le podium et porter la coupe devant son public ». Pour l'ancien coach des Lions de l'Atlas, une « action extraordinaire, qui ne s'est jamais vue dans le football mondial » lors d'une finale continentale a « gâché la fête » qui aurait dû célébrer le sacre marocain.

La Fédération sénégalaise de football a saisi le Tribunal arbitral du sport (TAS), dont l'audience est prévue le 8 octobre. Walid Regragui dit attendre cette décision avec sérénité : « On va attendre sa décision et on l'acceptera, d'un côté comme de l'autre. » Une position mesurée qui tranche avec la fermeté de ses propos sur l'attitude sénégalaise pendant le match.

L'ancien sélectionneur est également revenu sur la panenka manquée par Brahim Diaz après la longue interruption de jeu, estimant que la sortie du terrain des joueurs sénégalais pendant un quart d'heure avait pu « casser le jeu » et « modifier le comportement » d'un joueur au moment de tirer un penalty aussi décisif pour le sacre marocain.

Walid Regragui a par ailleurs dénoncé un épisode survenu pendant l'interruption : une photo publiée sur Snapchat par le joueur sénégalais Ibrahim Mbaye, prise en marge du vestiaire pendant que son équipe avait quitté le terrain. « Ça ne s'est jamais vu : quelqu'un aller snaper dans le vestiaire pendant quinze minutes et dire on a quitté le terrain. C'était une honte », a-t-il jugé.

Au-delà de la polémique sportive, les propos de Walid Regragui s'inscrivent dans un débat plus large sur l'image du football africain et la place qu'y occupe désormais le Maroc, devenu l'une des nations de référence du continent depuis la demi-finale historique du Mondial 2022. « Ce qui m'importe, c'est qu'on représente un continent, un football qui est dénigré », a-t-il insisté, regrettant que cette finale ait « donné raison aux gens qui nous critiquent ». Une manière de rappeler que le sacre marocain à la CAN 2025, aussi contesté soit-il dans sa forme, s'inscrit dans la trajectoire ascendante du football national, que l'issue du TAS le 8 octobre vienne ou non la conforter.

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