La qualification historique de l'équipe nationale féminine d'Algérie pour les demi-finales de la CAN 2026 ne s'est pas faite sans dégâts. Trois joueuses des Vertes, Sofia Guellati, Inès Boutaleb et Morgane Ikene, ont dû mettre un terme prématuré à leur compétition, un lourd tribut pour une sélection de Farid Benstiti qui a construit son parcours sur la technique et la maîtrise collective plutôt que sur l'impact physique.

La dernière touchée est Morgane Ikene, attaquante de Saint-Malo qui évolue en deuxième division française. Sortie prématurément lors du quart de finale remporté face à la Côte d'Ivoire, elle a été évacuée vers un établissement hospitalier pour des examens approfondis. Le diagnostic a confirmé une sérieuse blessure à la cheville, nécessitant une intervention chirurgicale. La Fédération algérienne de football a annoncé que l'opération, réalisée dimanche, s'était déroulée avec succès, mais Ikene est désormais privée de la suite de la compétition : elle manquera la demi-finale contre le Malawi prévue mercredi, ainsi qu'une éventuelle finale ou le match de classement pour la troisième place.

Avant elle, Sofia Guellati et Inès Boutaleb avaient déjà été touchées lors du dernier match de la phase de groupes face au Kenya. La capitaine algérienne avait été victime d'une blessure sans contact, tandis que Boutaleb avait dû quitter le terrain après un choc particulièrement appuyé avec une joueuse kenyane. Deux absences qui ont déjà réduit sensiblement les solutions à la disposition du sélectionneur.

Ces blessures reflètent la nature très physique des oppositions rencontrées par les Algériennes depuis le début du tournoi. Le Sénégal, le Kenya puis la Côte d'Ivoire ont proposé un football basé sur l'impact, les duels et l'intensité, en contraste avec le style privilégié par les Vertes, davantage porté sur la circulation du ballon et les déplacements collectifs. À chaque étape, les coéquipières de Lina Boussaha ont dû répondre à ce défi athlétique.

Malgré ces coups durs, la présence de l'Algérie dans le dernier carré constitue déjà une performance historique : elle a permis à la sélection de décrocher, pour la première fois, une qualification pour la Coupe du monde féminine 2027 au Brésil. Cette réussite a toutefois un prix, celui de blessures qui viennent amputer le groupe à l'approche du sprint final.

Benstiti devra désormais composer avec un effectif diminué pour affronter le Malawi, la profondeur de banc et la capacité des remplaçantes à répondre présentes s'annonçant déterminantes. Après avoir franchi les obstacles techniques, tactiques et physiques dressés sur leur route, les Vertes veulent désormais aller jusqu'au bout d'une CAN qui restera, quoi qu'il arrive, comme une étape majeure de l'histoire du football féminin algérien.

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