Pour la troisième fois consécutive, le Maroc a échoué à remporter la CAN féminine à domicile. Après deux défaites en finale lors des éditions précédentes, les Lionnes de l'Atlas ont cette fois été surprises en demi-finale par le Cameroun, battues 0-0 (3 tirs au but à 1) mercredi à Rabat.
Le scénario semblait pourtant dégagé pour le pays organisateur. En quarts de finale, le Maroc avait éliminé l'Afrique du Sud (2-1), tandis que l'autre grand favori, le Nigeria, avait été sorti par le Cameroun (0-1). Les Marocaines abordaient donc leur demi-finale en net grand favori.
Le sort du match a en partie tenu à Michaely Bihina. La gardienne camerounaise a détourné le penalty de la qualification tiré par Fatima Tagnaout à la 117e minute, avant de repousser trois tentatives marocaines lors de la séance de tirs au but. Une deuxième performance de très haut niveau consécutive qui la place en tête des meilleures joueuses du tournoi.
Sur le terrain, le Maroc a pourtant maîtrisé la possession et multiplié les incursions dans le dernier tiers, avec huit corners obtenus, mais sans parvenir à se créer de réelles occasions franches après la tête de Sanaa Mssoudy en tout début de match. Sakina Ouzraoui et ses percées, tout comme Hanane Aït El Haj et ses centres, se sont souvent retrouvées trop isolées, tandis que Ghizlane Chebbak, Ballon d'Or africain en titre, a fini par ne plus tirer ses corners après plusieurs tentatives ratées, avant d'être remplacée. En seconde période, le Cameroun a par séquences pris le contrôle du jeu, obligeant les Marocaines à défendre et à s'en remettre aux contres.
L'entrée de Fatima Tagnaout en fin de match a redonné un souffle offensif au pays-hôte, avec une multiplication des situations dans la surface camerounaise en quelques minutes. Mais la réussite n'a pas suivi, à l'image d'une tête trop molle de Mssoudy à bout portant et de deux tirs contrés d'Imane Saoud, un scénario qui s'est répété durant la prolongation.
Pour une partie du groupe marocain, à commencer par Ghizlane Chebbak et Khadija Er-Rmichi (36 ans chacune) ou Ibtissam Jraïdi (33 ans), cette demi-finale représentait sans doute la dernière occasion de remporter le titre à domicile. Hanane Aït El Haj (31 ans), l'une des meilleures Marocaines du tournoi avec quatre passes décisives et un but, fait partie de cette même génération. À un an de la Coupe du monde 2027 au Brésil, le sélectionneur Jorge Vilda devra s'expliquer sur ce nouvel échec, et des décisions radicales ne sont pas à exclure au vu des ambitions affichées par le football féminin marocain.

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