Arrivé à Saint-Étienne le 8 juin dernier, l'entraîneur écossais Ian Cathro a rapidement fait de l'apprentissage du français une priorité personnelle. Lors de sa conférence de presse d'intronisation, il s'est exprimé quelques minutes en français avant de préciser, en anglais, qu'il avait commencé à apprendre la langue et qu'il comptait progresser chaque jour. Une promesse qu'il tient à distinguer d'une simple opération de communication.

En interne, on insiste sur le caractère personnel de cette démarche: rien n'oblige le technicien à s'exprimer en français, puisque son supérieur hiérarchique, Huss Fahmy, vice-président de Kilmer Sports Ventures, continue lui-même de s'exprimer en anglais lors des points presse. Pour Ian Cathro, la motivation est ailleurs: « Nous sommes en France où nous devons le respect de l'histoire », a-t-il expliqué, rappelant que Saint-Étienne « n'est pas un club comme les autres ».

Pour progresser, l'Écossais a choisi un professeur... portugais, langue qu'il maîtrise depuis son passage aux côtés de Nuno Espírito Santo à Rio Ave puis à la tête d'Estoril jusqu'en juin dernier. Il juge le pont entre langues latines plus simple à construire qu'à partir de l'anglais. Depuis qu'il savait rejoindre le Forez, il suit des cours en visioconférence environ deux fois par semaine, s'astreint à regarder les matchs de la dernière Coupe du monde en version française et visionne des vidéos de clubs français sur les réseaux sociaux pour enrichir son vocabulaire courant.

Sur le terrain, Ian Cathro jongle encore entre anglais, mots de portugais et français de plus en plus présent — et il attend le même effort de ses joueurs. Un défi de taille dans un vestiaire aux nationalités très variées: un Danois, un jeune gardien sénégalais né en Norvège, un Autrichien, un Hongrois, un Slovène, un Géorgien, un Jamaïco-Anglais, deux Ghanéens, un Israélien, ainsi qu'un défenseur né en région parisienne mais international algérien.

Le capitaine Julien Le Cardinal confirmait cette dynamique collective le 4 août dernier sur RMC: « Il va falloir que tout le monde fasse un effort », avant d'ajouter avec humour que certains coéquipiers lui donnaient en retour des cours d'anglais. Un autre membre du groupe résumait: « Tout le monde doit faire un pas vers l'autre », tout en reconnaissant que la compréhension resterait mixte sur le terrain tant que l'ensemble de l'effectif ne maîtriserait pas encore le français.

Sportivement, cette cohésion linguistique doit désormais se traduire par des résultats. Après une victoire 3-0 à Sochaux pour l'ouverture de la saison de Ligue 2, Saint-Étienne recevait Clermont avec l'ambition d'enchaîner un deuxième succès. Un début qui devra confirmer dans la durée: la saison précédente avait rappelé la fragilité des bons départs stéphanois, le Norvégien Eirik Horneland ayant lui aussi débuté sur les chapeaux de roue avant une longue glissade qui lui coûtera son poste fin janvier 2026.

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