L'AMDH réclame une intervention urgente des autorités marocaines et espagnoles après avoir recensé six signalements officiels de violences sexuelles contre des migrantes arrivées à Ceuta, ainsi que la prise en charge hospitalière de cinq mineures marocaines victimes de faits similaires. Dans un communiqué publié mercredi 12 août depuis Rabat, l'Association marocaine des droits humains décrit une situation qu'elle qualifie de tragique et appelle les deux pays à garantir aux intéressées protection, soins et sécurité.
L'organisation dit avoir suivi avec une profonde inquiétude les conséquences d'un mouvement collectif de départ vers Ceuta et Melilla, deux enclaves qu'elle qualifie de villes occupées. Selon elle, cet épisode a débouché sur une tragédie humanitaire particulièrement éprouvante pour les femmes et les adolescentes, confrontées à un manque criant d'hébergement, de prise en charge et de protection.
L'AMDH rattache ces départs à la précarité économique, à la pauvreté, à la rareté de l'emploi et à des formes d'exploitation dans le monde du travail, comme la minoration des salaires. Elle évoque également la faiblesse des services publics et de la protection sociale, ainsi que des restrictions à la liberté d'expression, facteurs qui pousseraient certaines femmes à chercher ailleurs une vie digne, parfois sous la pression de leur propre conjoint.
Selon des médias espagnols cités par l'association, les services de sécurité et la justice ont reçu six signalements officiels de violences sexuelles contre des migrantes, tandis que l'hôpital universitaire a pris en charge cinq mineures marocaines victimes de faits comparables, dont certaines n'avaient pas plus de 14 ans. L'AMDH juge possible que le nombre réel de victimes dépasse les cas déclarés, en raison d'une crise de l'hébergement et de l'absence de conditions de sécurité suffisantes. Le communiqué cite par ailleurs un chiffre de 1 342 mineurs étrangers non accompagnés avancé par le ministère espagnol de la jeunesse et de l'enfance, sans préciser la période concernée.
L'association reproche aux responsables marocains un silence total face à ces événements et estime que l'État n'a pas assumé sa responsabilité envers les citoyens concernés, en particulier les mineures. Elle met en cause la détérioration des conditions économiques et sociales ainsi que les politiques publiques de lutte contre la pauvreté.
Dans ses demandes aux autorités marocaines et espagnoles, l'AMDH réclame une prise en charge médicale, sociale et psychologique des femmes et des jeunes filles présentes à Ceuta, ainsi qu'une protection contre les violences sexuelles, physiques et psychiques, afin de garantir leur dignité et leur intégrité.

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