La Garde civile espagnole a ouvert à Ceuta un bureau dédié aux personnes portées disparues, une semaine après la crise migratoire qui a vu des dizaines de milliers de personnes tenter de franchir la frontière depuis le Maroc. Ce dispositif vise à centraliser les demandes des familles sans nouvelles de proches partis rejoindre l'enclave espagnole depuis le territoire marocain. Il illustre l'ampleur humaine de cet épisode, qui a directement touché les populations des deux rives du détroit.
Selon le responsable des opérations, les équipes du bureau ont déjà établi 29 profils de personnes susceptibles d'être identifiées, et l'identité de l'une d'entre elles a été officiellement confirmée. Les opérations de vérification se poursuivaient encore jeudi, tandis que les proches continuaient d'affluer au poste-frontière de Tarajal, où ils recevaient un accompagnement et fournissaient des informations utiles aux recherches.
Les autorités espagnoles font état d'un bilan lourd de cette crise : sur les quelque 72 000 migrants entrés à Ceuta, 70 000 sont depuis repartis vers le Maroc. Près de 80 personnes seraient mortes en tentant de gagner l'enclave, la plupart par noyade, toujours selon les chiffres communiqués par Madrid.
Côté marocain, l'inquiétude s'est manifestée dès le week-end dernier à Fnideq, ville frontalière où des dizaines de familles s'étaient rassemblées dans l'espoir d'obtenir des nouvelles de proches partis vers Ceuta. Cette mobilisation locale témoigne de l'ancrage humain de la crise du côté marocain, au-delà de la seule gestion administrative engagée par les autorités espagnoles.
L'ouverture de ce bureau, qui associe de fait les démarches des familles marocaines et le travail d'identification mené par la Garde civile, s'inscrit dans une séquence sensible pour la relation entre Rabat et Madrid. La gestion des flux migratoires à la frontière de Ceuta reste un dossier suivi de près des deux côtés de la frontière, à mesure que le bilan humain de cet épisode continue d'être établi.

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