Le gouvernement espagnol a dû reprendre en main dans l'urgence sa gestion de la crise migratoire de Ceuta, en confiant au ministre de la politique territoriale, Ángel Víctor Torres, la coordination de cinq départements — intérieur, migrations, défense, affaires étrangères, jeunesse et enfance. Une décision prise samedi 22 août par Pedro Sánchez qui, selon des observateurs cités par Barlamane, reconnaît à demi-mot l'improvisation de Madrid face au Maroc dans ce dossier.

Cette centralisation politique intervient après plusieurs jours d'annonces contradictoires côté espagnol. Les mêmes observateurs y voient un «désarroi institutionnel marquant» et une «dispersion des efforts», illustrés par la mise en scène de tentes d'accueil devant la presse internationale, démontées dès le lendemain avec le retour des migrants à l'air libre.

Face à cette agitation, le Maroc a opposé une conduite jugée ordonnée, fondée sur une «vision stratégique claire» alliant rigueur sécuritaire et prise en charge humaine sur le terrain. Rabat a confié la seule parole publique sur ce dossier à l'administration de l'intérieur, une sobriété qui aurait coupé court aux rumeurs et traduit, selon ces observateurs, la «maturité institutionnelle» d'un État s'exprimant «avec une seule voix, responsable et concise» — à l'inverse des dizaines de déclarations quotidiennes émanant, à Madrid, de ministres, parlementaires et chefs de partis.

Le silence du ministre marocain des affaires étrangères, Nasser Bourita, sur ce dossier procède d'un principe constant : le royaume considère Ceuta et Melilla comme des villes marocaines occupées, et les événements survenus à leurs abords comme relevant de la sécurité et de l'ordre public national plutôt que des relations extérieures. C'est ce qui explique que le département de l'intérieur en assume seul la conduite de terrain et la communication.

Les propos du ministre de la justice, Abdellatif Ouahbi, qui a réaffirmé sur la deuxième chaîne l'attachement du Maroc aux deux villes, ont suscité une vive réaction dans la presse espagnole et une riposte du chef de la diplomatie espagnole — une asymétrie que les mêmes observateurs jugent disproportionnée face au simple rappel d'une position politique déjà connue.

Ceuta demeure tributaire de la coopération marocaine, rappellent-ils, et tout dysfonctionnement dans la gestion migratoire régionale se répercute directement sur la ville. En combinant vigilance sécuritaire, réactivité de terrain et coordination avec ses partenaires européens, le Maroc confirme son statut de «partenaire stratégique indispensable» pour la sécurité du continent, quand Madrid restera exposée aux mêmes impasses tant qu'elle privilégiera la gestion de crise à l'anticipation.

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