La crise migratoire de fin juillet à Ceuta pourrait coûter 27,76 millions d'euros à l'économie de l'enclave espagnole d'ici au 31 août, selon une estimation de la Chambre officielle de commerce, d'industrie, de services et de navigation de Ceuta consultée mardi. Parmi ces pertes, 2,55 millions d'euros sont directement liés au recul attendu des visiteurs venus du Maroc, dont l'activité commerciale pèse traditionnellement sur l'économie de la ville frontalière.
Les premiers jours de perturbation, entre jeudi après-midi et samedi, ont déjà représenté 7,07 millions d'euros de manque à gagner, répartis entre le commerce, l'hôtellerie-restauration, les services, la construction et l'industrie. L'annulation des huit jours de fêtes patronales de la ville ajoute 10,25 millions d'euros d'activité perdue, un événement qui soutient habituellement près de 900 emplois entre contrats directs, restauration, commerce et sécurité.
Pour les vingt-trois jours restants du mois, la Chambre anticipe encore 10,43 millions d'euros de pertes supplémentaires, sur la base d'une baisse provisoire de 70 % de plusieurs flux touristiques et d'une contraction de 20 % de la consommation des résidents. Ces hypothèses seront ajustées lorsque les données réelles de fréquentation et de chiffre d'affaires seront disponibles.
Le visiteur marocain occupe une place particulière dans ce calcul. La Chambre s'appuie sur les données de la délégation du gouvernement espagnol, selon lesquelles environ 132 281 entrées depuis le Maroc sont attendues à Ceuta en août, dont seulement 5 % seraient motivées par les achats, la consommation ou les loisirs, soit environ 6 614 visiteurs. Décrit comme un consommateur au pouvoir d'achat moyen à élevé, ce public dépenserait en moyenne 550 euros par visite, pour une activité mensuelle normalement estimée à 3,64 millions d'euros.
Avec une baisse de fréquentation de 70 %, environ 4 630 visiteurs marocains pourraient renoncer à se rendre à Ceuta ce mois-ci, retirant 2,55 millions d'euros à l'économie locale. Cette seule composante représente près d'un quart des pertes attendues sur le reste du mois d'août, illustrant le poids économique du flux transfrontalier marocain pour l'enclave.
Rapportées au produit intérieur brut de Ceuta, ces pertes équivalent à environ 17,3 % d'un mois moyen de PIB, une comparaison que la Chambre présente comme un simple ordre de grandeur. L'organisation patronale prévient que la facture pourrait encore s'alourdir, la diffusion d'images associant Ceuta à l'insécurité et à la tension frontalière risquant de peser plusieurs mois sur les réservations touristiques et les décisions d'investissement.

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