Le gouvernement espagnol a revu à la hausse le bilan des migrants marocains arrivés à Ceuta lors du passage massif survenu les 30 et 31 juillet, portant leur nombre à environ 80 000 personnes. L'annonce a été faite par le ministre espagnol de la Politique territoriale et de la Mémoire démocratique, Ángel Víctor Torres, à l'issue d'une réunion avec le président de la ville, Juan Jesús Vivas. Ce chiffre, sensiblement supérieur aux premières estimations, illustre l'ampleur exceptionnelle de cet épisode migratoire entre le Maroc et l'enclave espagnole.

Torres a qualifié la situation d'"urgence massive", précisant que Ceuta aurait connu un "effondrement total" si la plupart des personnes arrivées n'étaient pas reparties vers le Maroc dans un délai de 24 à 48 heures. Ce retour rapide de l'essentiel des migrants a été présenté par le ministre comme le facteur ayant permis à la ville de faire face à l'afflux sans rupture de ses capacités d'accueil.

Sur le plan diplomatique, le ministre espagnol des Affaires étrangères, José Manuel Albares, doit se rendre à Ceuta mardi, tandis que la ministre de la Défense, Margarita Robles, y est attendue ultérieurement avec d'autres responsables gouvernementaux. Ces déplacements successifs témoignent de l'attention portée par Madrid à un dossier qui touche directement à la gestion des flux migratoires en provenance du Maroc.

La délégation du gouvernement espagnol à Ceuta a par ailleurs renforcé ses effectifs de 50%, afin d'accélérer l'identification des mineurs migrants et d'engager les procédures administratives nécessaires à leur transfert vers d'autres centres d'accueil. Environ 1 400 mineurs seraient concernés. Torres a indiqué que la première option envisagée restait leur retour auprès de leurs familles, tout en reconnaissant la complexité de cette démarche, qui suppose de localiser les proches et d'obtenir l'accord du mineur, de sa famille, ainsi que des autorités du pays d'origine.

Le gouvernement espagnol entend également activer les mécanismes prévus par la réforme de la loi sur les étrangers, qui permettent de répartir les mineurs migrants entre les différentes communautés autonomes en cas d'urgence. Cette mobilisation administrative et politique confirme l'ampleur d'un épisode qui replace, une nouvelle fois, la question migratoire au cœur des relations entre le Maroc et l'Espagne.

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