Le ministre espagnol de l'Intérieur, Fernando Grande-Marlaska, a annoncé jeudi le déploiement à Ceuta d'une vingtaine d'agents supplémentaires de la Brigade centrale d'immigration et des frontières, chargés d'accélérer les procédures administratives de retour vers le Maroc. Ce renfort vise les 5 000 migrants en situation irrégulière toujours présents dans la préside depuis l'afflux massif du 30 juillet. Il s'ajoute à une équipe de six agents de l'Unité centrale d'expulsion et de rapatriement arrivée sur place dès les premières heures.
« Toute personne en situation irrégulière sera renvoyée au plus vite », a affirmé Marlaska, précisant qu'aucun des migrants ne rejoindrait l'Espagne continentale ni ne se verrait accorder de statut légal, hormis de « cas très spécifiques d'extrême vulnérabilité ». Selon lui, la coopération avec le Maroc a déjà permis à plus de 90 % des personnes entrées irrégulièrement depuis le 30 juillet d'être renvoyées dans un délai de 24 heures. Sur les 500 demandes d'asile examinées à ce jour, la plupart ont été rejetées, tandis que 1 898 mineurs ont été placés sous tutelle.
Cette annonce intervient au lendemain d'une déclaration du ministre marocain de la Justice, Abdellatif Ouahbi, indiquant que Rabat était disposé à suspendre son accord d'extradition avec Madrid si l'Espagne ne respectait pas les procédures de remise ou de rapatriement. Le responsable avait notamment déploré la lenteur des autorités espagnoles dans le retour des mineurs marocains non accompagnés entrés à Ceuta, dont le Maroc réclame le rapatriement rapide.
Sans envenimer la relation bilatérale, Grande-Marlaska a choisi l'apaisement, saluant huit années de « confiance, loyauté et coopération » avec le gouvernement marocain face aux crises communes. Le dispositif espagnol à Ceuta a par ailleurs été considérablement renforcé depuis le 30 juillet, avec près de 350 agents supplémentaires dépêchés le jour même, portant les effectifs policiers et de la Garde civile à plus de 1 500 personnes, appuyés par 2 000 militaires.
Le ministre espagnol a également mis en garde les candidats à la traversée contre les réseaux criminels qui relaient des appels à des tentatives collectives pour le 15 août. Une vigilance partagée côté marocain : le ministère de l'Intérieur, dirigé par Abdelouafi Laftit, a assuré avoir pris « toutes les mesures nécessaires » pour empêcher tout passage illégal, intercepter les candidats au départ et poursuivre en justice quiconque relaierait ces appels sur les réseaux sociaux. La coordination sécuritaire entre Rabat et Madrid reste ainsi, malgré les tensions ponctuelles sur le rythme des rapatriements, le pilier de la gestion de la pression migratoire à Ceuta.

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