En Espagne, la crise migratoire de Ceuta ne divise plus seulement la droite et le Maroc : la gauche s'y invite désormais aussi, refusant de laisser le Parti populaire (PP) et Vox monopoliser les critiques contre Rabat. Dans un communiqué publié lundi 24 août, la coalition Sumar a dénoncé ce qu'elle appelle « l'instrumentalisation par le gouvernement marocain » de la crise, « à des fins politiques, pour faire pression sur le gouvernement espagnol ». Le texte qualifie ce comportement d'« inacceptable » et affirme qu'il « ne peut rester sans réponse ».

Sumar n'a toutefois précisé ni la nature ni les objectifs supposés de cette pression qu'exercerait le Maroc sur l'exécutif de Pedro Sanchez. Cette absence de précision a suscité l'irritation de certains médias sahraouis, qui espéraient une référence explicite à la question du Sahara marocain dans le communiqué de la coalition de gauche.

Cette sortie de Sumar fait écho aux critiques formulées la semaine précédente par la Gauche unifiée (Izquierda Unida), qui s'était inquiétée du renforcement de la coopération militaire entre le Maroc et les États-Unis. La formation avait accusé Rabat de mener une « guerre hybride » et réclamé que le gouvernement espagnol présente un rapport détaillé devant la Chambre basse sur l'alliance militaire entre le Maroc, Washington et Tel-Aviv.

Ces prises de position de la gauche espagnole interviennent alors que plusieurs sondages indiquent que la crise migratoire de Ceuta profite avant tout au PP et à Vox, les deux partis pouvant selon ces enquêtes former un gouvernement en cas d'élections anticipées. À l'inverse, le PSOE et ses alliés de Sumar risqueraient d'y perdre du terrain électoral.

Ce contexte électoral éclaire en partie l'empressement de Sumar et de la Gauche unifiée à durcir le ton envers Rabat : il s'agit autant de répondre à une actualité migratoire sensible que de ne pas laisser le thème de Ceuta devenir un terrain de campagne réservé à la droite et à l'extrême droite. Reste que, pour l'heure, ni Sumar ni la Gauche unifiée n'ont produit d'éléments concrets à l'appui de leurs accusations contre le Maroc.

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