Le Maroc a déployé un dispositif sécuritaire renforcé aux abords de Ceuta et promis sa coopération à Madrid après l'afflux massif de migrants constaté fin juillet vers l'enclave espagnole, selon un bulletin du Centre Wilfried Martens pour les études européennes (WMCES) relayé par Barlamane. Le document situe cet épisode dans le contexte d'un arrêt de la Cour suprême espagnole, rendu plus tôt en juillet, qui a restreint le recours automatique aux règles de « rejet à la frontière » pour les migrants interceptés en mer alors qu'ils tentaient de gagner Ceuta ou Melilla.

Le ministre espagnol de la politique territoriale, Ángel Víctor Torres, a rangé cette décision judiciaire parmi les facteurs ayant contribué à l'afflux, sans toutefois la présenter comme la cause unique des arrivées. Pedro Sánchez a pour sa part expliqué qu'une interprétation erronée de l'arrêt s'était « propagée comme une traînée de poudre » dans les réseaux de passeurs, au point de déclencher le mouvement massif observé à la frontière.

Sur le terrain, les autorités marocaines ont déployé des véhicules munis de canons à eau aux accès de Ceuta et repoussé les groupes rassemblés près de la frontière. Selon le bulletin, des images en direct montraient des centaines de migrants massés sur une hauteur dominant la ville, dispersés au gaz lacrymogène par les forces marocaines, tandis que d'autres tentaient encore de rejoindre le territoire espagnol à la nage.

Le WMCES précise, en citant des médias espagnols, que le Maroc « a promis de coopérer et le fait », dans un contexte où Madrid a annoncé vouloir expulser aussi rapidement que possible les personnes entrées irrégulièrement sur son territoire. Cette coordination confirme la place du Maroc comme partenaire de référence de l'Espagne dans la gestion des flux migratoires vers ses enclaves nord-africaines.

Le bulletin, qui reste prudent sur les chiffres, rappelle qu'une estimation de 60 000 franchissements en 24 heures, initialement attribuée au ministère espagnol de l'intérieur, a ensuite été retirée du site de la sécurité nationale espagnole sans explication. Le bilan humain varie lui aussi selon les passages du document, entre au moins 19 corps retrouvés en mer et au moins 34 morts au total, certains par noyade et d'autres lors d'une bousculade près de la digue de la plage de Tarajal — des chiffres que le WMCES lui-même ne réconcilie pas.

L'épisode a eu des répercussions ailleurs en Europe : la France a renforcé ses contrôles à la frontière espagnole, et Madrid a convoqué l'ambassadeur d'Italie après des propos de Giorgia Meloni évoquant une suspension de l'Espagne de l'espace Schengen. Le commissaire européen Magnus Brunner a de son côté assuré qu'aucun mouvement secondaire n'avait été observé depuis Ceuta, rappelant que le code frontières Schengen prévoit des règles spécifiques pour Ceuta et Melilla.

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