Le ministère marocain de l'Intérieur a mis en garde les candidats à un franchissement illégal de la frontière séparant le royaume des enclaves espagnoles de Ceuta et Melilla, alors que de nouveaux appels à un rassemblement collectif circulent sur les réseaux sociaux pour le 15 août. Des messages diffusés sur TikTok, Instagram et Facebook appellent à renouveler la tentative de franchissement de masse observée fin juillet, cette fois vers les deux enclaves.

Les 30 et 31 juillet, plus de 70 000 personnes avaient répondu à des appels similaires, selon les chiffres de la Guardia civil espagnole, et étaient parvenues à entrer illégalement à Ceuta, par voie terrestre ou à la nage. Cet épisode reste dans toutes les mémoires : selon une ONG espagnole, au moins 141 personnes s'étaient noyées lors de ces tentatives, provoquant une onde de choc de part et d'autre de la Méditerranée.

Le gouvernement marocain avait alors été vivement critiqué pour son silence, gardé pendant quatre jours après le drame. C'est dans ce contexte que le ministère de l'Intérieur a choisi cette fois d'anticiper : son porte-parole a prévenu que toute personne cherchant à prendre part aux rassemblements annoncés pour le 15 août serait empêchée, voire arrêtée, avec l'ouverture possible de procédures judiciaires.

Les autorités ont par ailleurs annoncé une vague d'arrestations visant un groupe de personnes soupçonnées d'être à l'origine des messages diffusés sur les réseaux sociaux incitant à se rendre à Ceuta. Le ministère n'a pas communiqué davantage de détails sur les profils des personnes interpellées.

Cette séquence illustre la sensibilité persistante du dossier migratoire entre le Maroc et l'Espagne, sur fond de coopération sécuritaire étroite entre Rabat et Madrid concernant la surveillance des frontières autour de Ceuta et Melilla. Le renforcement du dispositif annoncé cette semaine vise à éviter la répétition d'un drame humain qui avait pesé sur l'image du royaume à l'approche de cette nouvelle échéance.

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