Le président du parti indépendantiste catalan Junts, Carles Puigdemont, a relancé le débat sur le statut de Ceuta et Melilla en relayant sur X un article comparant la situation des deux présides à celle de Gaza. Selon lui, ce texte apporte « un éclairage historique précieux » pour comprendre les origines du conflit, notamment sa dimension de « décolonisation » — une lecture qui rejoint la position marocaine sur la souveraineté de ces territoires.
L'article en question, publié par Middle East Eye et signé par Joseph Massad, professeur à l'université Columbia, avance que l'alliance du Maroc avec Donald Trump et Israël « ne peut déterminer l'avenir » de Ceuta et Melilla sans une « véritable volonté de décolonisation ». L'auteur qualifie les deux enclaves de « colonies », inscrivant de fait leur destin dans le cadre des revendications territoriales de Rabat.
Ce n'est pas la première fois que Carles Puigdemont s'exprime en ce sens. En 2021, en pleine crise diplomatique entre le Maroc et l'Espagne, il avait qualifié Ceuta et Melilla de « villes africaines » n'appartenant à l'Union européenne que par « héritage d'un passé colonial » ayant permis aux Européens de conserver des possessions hors d'Europe.
Sur le réseau social X, l'indépendantiste catalan avait alors affirmé que Rabat disposait du « droit de soulever la question de la souveraineté » sur les deux présides, tout en proposant l'ouverture d'une table de dialogue entre Madrid et Rabat. Il avait également exprimé le vœu que l'Union européenne ne cède pas à ce qu'il qualifiait d'« inflammation nationaliste espagnole ».
Ces prises de position, relayées à intervalles réguliers depuis plusieurs années, témoignent d'un soutien constant d'une partie du mouvement indépendantiste catalan à la lecture marocaine du dossier de Ceuta et Melilla, en net contraste avec la position officielle de Madrid, qui considère les deux villes comme un territoire espagnol à part entière.
En relayant cette nouvelle comparaison avec Gaza, Carles Puigdemont replace la question des présides dans l'actualité diplomatique, à un moment où les relations entre Rabat et Madrid restent scrutées de près sur l'ensemble des dossiers liés à la souveraineté territoriale.

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