Les autorités espagnoles ont renforcé mardi la surveillance aux frontières de Ceuta et Melilla, dans la perspective d'une possible tentative de passage massif de migrants depuis le Maroc, prévue ce mercredi 23 septembre. L'annonce a été faite par le ministre espagnol de l'Intérieur, Fernando Grande-Marlaska, qui a détaillé l'ampleur du dispositif préventif mis en place dans les deux enclaves.

Selon le ministre, ce renforcement inclut le déploiement de trois unités des Groupes de réserve et de sécurité (GRS) de la Garde civile, réparties entre Ceuta et Melilla. Il a insisté sur le caractère préventif de cette mesure, précisant que les services de renseignement espagnols et marocains poursuivent, en parallèle, leur évaluation conjointe de la menace annoncée.

Fernando Grande-Marlaska a indiqué suivre la situation avec « préoccupation », relevant que la date retenue pour cette éventuelle tentative coïncide avec celle des élections organisées au Maroc. Il a toutefois tempéré l'alerte en rappelant qu'un précédent avertissement, formulé pour le 20 septembre, ne s'était finalement traduit par aucune tentative d'approche de la clôture ou de la frontière.

Le ministre s'exprimait lors d'un déplacement à Ceuta, où sa visite a été marquée par la présence de manifestants devant le siège de la délégation du gouvernement. Ces derniers ont scandé des slogans hostiles, certains réclamant sa démission au cri de « Ceuta unie ne sera jamais vaincue », dans un climat de tension politique locale autour de la gestion migratoire de l'enclave.

Ceuta et Melilla, les deux villes espagnoles situées sur la côte nord-africaine et frontalières du Maroc, sont régulièrement le théâtre de tentatives de franchissement, individuelles ou collectives, de leurs clôtures. L'épisode le plus marquant reste la crise de mai 2021, lorsque plusieurs milliers de personnes avaient franchi la frontière de Ceuta en quelques heures, provoquant une grave crise diplomatique entre Rabat et Madrid. Les deux pays avaient ensuite renoué leurs relations en 2022, avec un volet de coopération migratoire renforcée.

Cette coopération sécuritaire entre le Maroc et l'Espagne, qui inclut un partage régulier de renseignement sur les mouvements migratoires, constitue depuis lors l'un des piliers de la relation bilatérale retrouvée entre les deux royaumes. Elle illustre la capacité des deux États à gérer conjointement un dossier sensible, malgré les épisodes de tension récurrents autour du statut de ces deux enclaves, que le Maroc considère historiquement comme des territoires sous souveraineté espagnole contestée.

Le fait que l'alerte évoquée par Madrid coïncide avec la tenue d'élections au Maroc mercredi n'a, à ce stade, fait l'objet d'aucune interprétation officielle de la part des autorités marocaines. Aucun lien de cause à effet n'a été établi publiquement entre le scrutin et une éventuelle tentative de passage, et les services des deux pays continuent d'évaluer conjointement la réalité de la menace avant toute conclusion.

Pour l'heure, aucune tentative de franchissement n'a été signalée à Ceuta ou à Melilla, et le précédent avertissement du 20 septembre n'avait débouché sur aucun incident. Le dispositif annoncé par Fernando Grande-Marlaska reste donc, selon ses propres termes, une mesure de précaution, dans l'attente de la confirmation ou de l'infirmation des renseignements ayant motivé cette alerte pour le 23 septembre.

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