Le dossier de Ceuta et Melilla est revenu au premier plan des relations entre le Maroc et l'Espagne, après des propos tenus par le ministre marocain des Habous et des Affaires islamiques, Ahmed Toufiq, sur la «libération des villes occupées» de la côte nord du Royaume. Le gouvernement espagnol a réagi dès mardi, réaffirmant sans détour que «Ceuta et Melilla sont espagnoles».

«Elles constituent nos frontières méridionales, ainsi que les frontières de l'Europe. Il n'y a rien à ajouter», a déclaré la porte-parole du gouvernement espagnol, Elma Saiz, lors d'une conférence de presse mardi. Cette formule tranchée, qui ne laisse place à aucune ambiguïté, illustre la sensibilité persistante du dossier pour Madrid, qui considère les deux enclaves comme partie intégrante du territoire espagnol et de l'Union européenne.

Les propos d'Ahmed Toufiq avaient été tenus la veille, lundi, lors de la présentation au roi Mohammed VI du rapport annuel sur les activités du Conseil supérieur des oulémas et des conseils locaux, dans le cadre d'une cérémonie religieuse présidée par le souverain au Palais royal de Rabat à l'occasion de l'Aïd Al Mawlid Annabaoui. Le ministre avait mis en avant la contribution des savants originaires de Sebta au renforcement de l'attachement des Marocains au Prophète, ainsi que le rôle joué par l'ouvrage «Dalail al-Khayrat» dans la mobilisation pour la libération des présides occupés le long de la côte atlantique à l'aube de l'époque moderne.

Ces déclarations interviennent dans un climat déjà tendu entre Rabat et Madrid. La ville de Ceuta a connu ces derniers mois une vague de passages massifs, avec plus de 80 000 personnes ayant franchi la frontière, un afflux qui a ravivé les crispations entre les deux capitales. Le dossier avait également été relancé par les propos du ministre marocain de la Justice, Abdellatif Ouahbi, qui avait évoqué les revendications marocaines sur Ceuta et Melilla.

Pour l'heure, aucune des deux parties ne semble disposée à infléchir sa position. Madrid s'en tient à une lecture strictement juridique du statut des deux villes, tandis que les prises de parole successives de responsables marocains rappellent, chacune à leur manière, l'attachement du Royaume à la question. Le dossier de Ceuta et Melilla, resté en sommeil pendant des années dans le discours officiel, s'installe ainsi durablement dans l'agenda diplomatique entre les deux pays voisins.

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