Trois semaines après le drame migratoire survenu à la frontière entre le Maroc et Ceuta, les premières inhumations ont eu lieu vendredi dans l'enclave espagnole. Dix-huit migrants, tous des hommes non encore identifiés, ont été enterrés dans le cimetière musulman de la ville, leurs tombes marquées de simples numéros afin de permettre à leurs familles de les retrouver ultérieurement.

La cérémonie s'est déroulée selon le rite musulman, accompagnée de prières. Cette étape marque le début d'un long processus, alors que l'identification des victimes reste incomplète près d'un mois après les faits.

La tragédie s'est produite fin juillet, lorsque plus de 72 000 personnes ont tenté de rejoindre Ceuta depuis le Maroc, provoquant la mort de plus de 90 personnes. Certains migrants se sont noyés, tandis que d'autres ont perdu la vie dans des mouvements de foule près d'un poste-frontière.

Les autorités marocaines et espagnoles mettent en cause la diffusion d'informations sur les réseaux sociaux ainsi que l'activité de réseaux de passeurs pour expliquer cet afflux soudain. De leur côté, plusieurs migrants justifient leur départ par le chômage, la faiblesse des revenus et le manque de perspectives.

L'Association marocaine des droits humains demande l'arrêt des inhumations à Ceuta tant que toutes les démarches d'identification des victimes n'ont pas été menées à leur terme. Elle réclame également le rapatriement des dépouilles au Maroc afin qu'elles soient remises à leurs familles. Les autorités de Ceuta affirment avoir engagé les démarches nécessaires en ce sens, sans que ce rapatriement ait encore abouti.

La crise humanitaire se poursuit par ailleurs dans l'enclave. Si une grande partie des personnes arrivées fin juillet sont rapidement reparties vers le Maroc, plusieurs milliers de migrants seraient toujours présents à Ceuta, où leur hébergement et leur prise en charge représentent un défi majeur pour les autorités locales.

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