À Ceuta, enclave espagnole du nord du Maroc, des migrants marocains affirment avoir eux aussi le droit de demander l'asile en Espagne, après avoir franchi la frontière ces derniers mois. Cette prise de parole intervient alors que la ville a renoncé, le 2 septembre, à sa fête officielle annuelle, en raison de l'une des plus graves crises migratoires de son histoire récente.
Fin juillet, quelque 72 000 personnes ont tenté d'entrer à Ceuta depuis le Maroc, à la nage, en escaladant les barrières frontalières ou en forçant les points de passage. Au moins 90 personnes seraient mortes dans ces tentatives de rejoindre le territoire espagnol, et plus largement l'Europe. La majorité des migrants ont depuis été reconduits au Maroc ou sont repartis d'eux-mêmes, mais environ 5 000 personnes, dont près de 1 200 mineurs, se trouveraient toujours sur place selon le gouvernement espagnol - un chiffre que les autorités locales jugent encore plus élevé.
Sur la plage d'El Trampolín, où plusieurs migrants marocains vivent dans un campement de fortune, Osman Mohamed, 32 ans, originaire de Casablanca, dénonce une différence de traitement dans l'accès à la procédure d'asile. Selon lui, des ressortissants d'Afrique subsaharienne, ainsi que des personnes venues du Yémen, d'Égypte, d'Algérie ou de Tunisie ont pu déposer une demande d'asile, contrairement aux Marocains, alors que ces derniers estiment y avoir également droit.
Les circonstances à l'origine de cet afflux massif restent débattues. Le gouvernement espagnol a notamment évoqué le rôle d'une campagne diffusée sur les réseaux sociaux, qui aurait incité des migrants à tenter la traversée vers Ceuta.
Cet afflux soudain de dizaines de milliers de personnes a mis à rude épreuve les capacités d'accueil d'un territoire qui compte environ 84 000 habitants, et attisé la colère d'une partie de la population locale. Le sort administratif des Marocains toujours présents à Ceuta reste, pour l'heure, sans réponse officielle claire de la part de Madrid.

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