Le ministère espagnol de la Politique territoriale a annoncé mardi 1er septembre, lors d'une conférence de presse à Madrid, que 3 519 migrants sont repartis volontairement vers le Maroc depuis Ceuta entre le 10 et le 31 août, auxquels s'ajoutent 214 expulsions prononcées sur la même période. Ces chiffres, présentés par le ministre Ángel Víctor Torres à l'issue du conseil des ministres, illustrent l'ampleur de la coopération migratoire entre Madrid et Rabat après l'afflux massif de fin juillet à Ceuta.

Le ministère espagnol de la Jeunesse a par ailleurs dénombré 1 612 mineurs filiés et pris en charge par le système de protection de la ville autonome. Parmi eux, 1 129 sont entrés lors de l'afflux de fin juillet, tandis qu'environ 500 se trouvaient déjà sur place auparavant. M. Torres a reconnu qu'un chiffre exact des mineurs échappant encore au recensement demeurait « impossible à donner », en raison notamment du manque d'emprises réservées à leur accueil à Ceuta.

Sur le plan diplomatique, le ministre a rappelé que 600 dossiers de mineurs migrants antérieurs aux 30 et 31 juillet restent en suspens du côté marocain. Le gouvernement marocain « a été clair » sur sa volonté de voir revenir tous les mineurs entrés ces deux jours-là, a-t-il précisé, ajoutant que les procédures de regroupement familial iront à leur terme, bien que ces dossiers « ne soient pas simples ». M. Torres a par ailleurs qualifié de « populiste » tout discours évoquant un renvoi immédiat des mineurs, jugeant cette perspective « fausse » et « impossible ».

Le conseil des ministres a validé une modification du décret royal fixant la liste des sites d'accueil à Ceuta : cinq complexes sportifs, l'hôpital militaire, l'ancienne minoterie et un gymnase en sont retirés, remplacés par des parcelles du port, des terrains du ministère du Logement et le cantonnement K-8. Plus de 3 400 places ont déjà été ouvertes, dans un texte adopté selon le ministre « avec le maximum de consensus » pour limiter l'impact sur le quotidien des habitants.

Madrid a en outre débloqué un crédit extraordinaire de 62,958 millions d'euros pour la prise en charge des mineurs migrants non accompagnés à Ceuta, portant à environ 93,5 millions d'euros le total engagé cette année pour l'accueil, l'assistance juridique et le suivi psychosocial et sanitaire de ces enfants. Le ministre a par ailleurs jugé la situation « normalisée » sur le terrain, où 109 600 kits alimentaires ont été distribués depuis le début de la crise.

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