Les relations entre Rabat et Madrid restent tendues depuis la crise migratoire qui a touché Ceuta fin juillet, lorsque plus de 70 000 personnes ont afflué en quelques jours vers l'enclave espagnole. Dans ce contexte, la question du statut de ce territoire, que le Maroc considère comme occupé, est revenue sur le devant de la scène au sein même de la presse et des autorités marocaines.
C'est à l'occasion du Mawlid, lundi soir, que le passé marocain de Ceuta a été mis en avant, en présence du roi Mohammed VI. Lors de la traditionnelle veillée religieuse présidée par le souverain, le ministre des Habous et des Affaires islamiques, Ahmed Toufiq, a employé le terme de « Sebta », l'appellation marocaine de la ville, une intervention qui n'a pas échappé aux médias du royaume.
Dans son discours, Ahmed Toufiq a évoqué deux penseurs marocains originaires de la cité. Il a surtout mentionné l'utilisation d'un ouvrage soufi dans la mobilisation historique des Marocains pour, selon ses termes, « libérer les villes occupées sur l'océan Atlantique au début de l'époque moderne ».
Sans constituer l'expression d'une revendication officielle, ces références interpellent dans une période de tensions avec l'Espagne. Le ministre marocain de la Justice avait lui-même appelé, quelques jours plus tôt, de manière très frontale cette fois, « au retour de Sebta à la patrie ».
Ce type de référence n'est pas inédit dans le discours marocain. Il y a un an déjà, Mohammed VI avait demandé, dans une lettre adressée au Conseil supérieur des oulémas, de mettre en valeur ce même recueil de prières soufies cité par Ahmed Toufiq. Depuis, le contexte régional a nettement évolué, sur fond de crise migratoire et de relations plus difficiles avec Madrid.

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