Le service européen pour l'action extérieure (SEAE) a indiqué mardi ne disposer d'aucune preuve concluante montrant que la crise migratoire à Ceuta, l'enclave espagnole limitrophe du Maroc, aurait été déclenchée par une campagne de désinformation orchestrée par des acteurs étatiques étrangers. L'institution européenne confirme toutefois avoir détecté des tentatives russes d'exploiter cette crise sur les réseaux sociaux, sans pour autant établir de lien direct entre ces manœuvres et le déclenchement des événements survenus à la frontière.
«Dans le cas de Ceuta, nous avons détecté des tentatives de la Russie d'exploiter la crise en ligne. Toutefois, nous ne disposons pas de preuves concluantes indiquant que la crise elle-même a été provoquée par une désinformation émanant d'acteurs étatiques étrangers», a déclaré un porte-parole du SEAE à l'agence de presse espagnole Europa Press, distinguant ainsi l'exploitation opportuniste d'une crise réelle de sa fabrication de toutes pièces.
Le porte-parole a rappelé que la migration reste un «sujet sensible» dans l'ensemble des pays européens, mettant en garde contre une «importante activité de désinformation» en ligne visant à exploiter cette question pour «attiser les divisions et accroître la polarisation». Une mise en garde qui s'applique directement au dossier de Ceuta, régulièrement instrumentalisé dans le débat migratoire européen.
Le SEAE a précisé réaliser régulièrement des «évaluations de l'environnement informationnel» liées aux crises ou événements politiques jugés prioritaires pour les intérêts collectifs de l'Union européenne. Ces analyses sont ensuite partagées avec les pays concernés lorsque leurs intérêts sont directement menacés par des campagnes de manipulation de l'information.
Le Premier ministre espagnol Pedro Sánchez avait récemment affirmé que la Russie et Israël avaient diffusé et amplifié des informations trompeuses liées à l'entrée massive de migrants à Ceuta. Ces déclarations, qui n'ont pas été confirmées de façon catégorique par le service diplomatique européen, illustrent la difficulté à établir avec certitude l'origine et les responsabilités dans ce type de crise informationnelle.
Pour le Maroc, dont le territoire jouxte directement l'enclave espagnole, ce débat sur l'origine de la désinformation autour de Ceuta n'est pas anodin : il conditionne la lecture politique faite en Europe des épisodes migratoires qui se jouent à sa frontière nord. En écartant l'hypothèse d'une désinformation étrangère à l'origine de la crise elle-même, l'UE recentre le débat sur l'exploitation opportuniste d'un phénomène migratoire bien réel, plutôt que sur une manipulation fabriquée de toutes pièces.

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