Ceuta a connu mercredi soir une nuit de violences opposant manifestants et migrants marocains dans le secteur des plages d'El Trampolín et de Benítez. Environ 300 personnes se sont dirigées vers cette zone pour tenter de démanteler des campements de fortune où séjournent des migrants entrés dans l'enclave espagnole lors de l'afflux massif des 30 et 31 juillet, avant que les tensions ne dégénèrent en affrontements.
Ces incidents ont suivi une manifestation ayant rassemblé plus de 2 000 personnes, réclamant l'expulsion des migrants et dénonçant la gestion de la crise par le gouvernement espagnol. Les protestataires brandissaient des drapeaux espagnols et de Ceuta, scandant des slogans appelant à la démission du Premier ministre Pedro Sánchez et du délégué du gouvernement dans la ville, Miguel Ángel Pérez Triano. Certains ont lancé des œufs sur la façade du siège de la Délégation du gouvernement, contraignant plusieurs commerces à fermer.
Les violences se sont ensuite propagées à d'autres quartiers, où des migrants ont été pourchassés, des tentes renversées et des effets personnels jetés à la mer. Les unités antiémeutes, déployées en nombre, ont formé un cordon entre les deux camps avant que ceux-ci ne commencent à se lancer des pierres ; la police a fait usage de gaz lacrymogènes et de tirs de sommation pour disperser la foule. Un homme a dû se réfugier dans une boulangerie après avoir été accusé par un manifestant d'être un « espion marocain » parce qu'il filmait la scène.
Un incident distinct s'est produit jeudi vers 5h30 dans le secteur de Benzú : selon des médias espagnols, un groupe de 30 à 40 migrants a attaqué à coups de pierres un véhicule transportant quatre soldats, les contraignant à l'abandonner et à fuir à pied vers Calamocarro tout en étant poursuivis. Les militaires ont été conduits dans un centre de santé après avoir subi des blessures, contusions et douleurs aux bras et au dos.
La Police nationale et la Garde civile espagnoles ont interpellé douze Marocains soupçonnés d'avoir participé à cette attaque, âgés selon les premières informations de 35 à 40 ans. D'autres suspects ont pris la fuite, certains en se jetant à la mer, ce qui a conduit l'unité maritime de la Garde civile à engager des recherches.
Le rassemblement s'est tenu alors que se réunissait le commandement unifié chargé de gérer la crise migratoire, présidé par le ministre de la Politique territoriale Ángel Víctor Torres, en présence de la ministre des Migrations Elma Saiz, du président de Ceuta Juan Vivas et du délégué du gouvernement. Les tensions se sont poursuivies toute la nuit dans plusieurs quartiers, notamment à El Zurrón, où des bennes à ordures ont été renversées sur la chaussée.

Chargement des commentaires...