Le ministère colombien des relations extérieures a annoncé lundi 10 août le gel des relations diplomatiques de Bogota avec l'entité désignée comme « RASD », au terme de ce qu'il qualifie de « réexamen souverain » de la reconnaissance accordée par le gouvernement précédent. La Cancillería rappelle dans son communiqué que les Nations unies ne reconnaissent pas cette entité comme État membre, et indique que la Colombie reconnaît désormais la souveraineté du Maroc sur l'ensemble de son territoire, Sahara marocain compris.

Le texte détaille les conséquences concrètes de cette décision, entrée en vigueur dès sa publication : fin de tout contact politique ou diplomatique, de tout échange de missions et de tout appui au Polisario dans les enceintes multilatérales. La Cancillería cite explicitement les Nations unies et le Conseil de sécurité, où la Colombie siège actuellement comme membre non permanent, parmi les instances concernées. Bogota affirme agir en pleine conformité avec le droit international, la Charte des Nations unies et le cadre tracé par la résolution 2797 (2025) du Conseil de sécurité sur le Sahara.

Ce communiqué formalise un revirement rendu public vendredi 7 août à Cali, au lendemain de l'investiture du président Abelardo de la Espriella, lors d'un entretien entre le ministre marocain des affaires étrangères Nasser Bourita et le vice-président colombien José Manuel Restrepo, en présence du chef de la diplomatie colombienne Omar Bula Escobar. Nasser Bourita avait alors salué une décision « historique », appelée selon lui à donner « un grand élan » à la relation bilatérale. José Manuel Restrepo y avait vu de son côté « un nouveau départ », présentant le Royaume comme « le premier allié de la Colombie en Afrique ».

Bogota entend appuyer cette relation renouvelée avec Rabat, alliée depuis près de cinquante ans, sur une coopération que la Cancillería qualifie d'« ambitieuse et concrète » dans plusieurs domaines : échanges commerciaux, promotion des investissements, tourisme, sécurité alimentaire, développement portuaire et logistique, ainsi que connectivité atlantique entre les deux pays. Le communiqué ne fixe toutefois ni objectifs chiffrés ni calendrier précis pour ces différents chantiers.

La Colombie avait établi des relations diplomatiques avec la RASD en 1985 sous la présidence de Belisario Betancur, avant de les geler en 2001 sous Andrés Pastrana, puis de les rétablir en août 2022 au début du mandat de Gustavo Petro. Abelardo de la Espriella, ancien avocat pénaliste élu en juin à la tête d'une formation créée moins d'un an plus tôt, a pris ses fonctions le 7 août pour la période 2026-2030.

Ni le Front Polisario ni Alger, principal soutien du mouvement, n'avaient réagi publiquement à l'annonce dans les heures qui ont suivi sa diffusion.

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