En Espagne, le parti Gauche unifiée, membre de la coalition Sumar, réclame un rapport parlementaire détaillé sur la coopération militaire entre le Maroc, les États-Unis et Israël. La demande intervient dans le contexte de la crise migratoire de Ceuta du 30 juillet dernier, marquée par l'arrivée de dizaines de milliers de migrants dans l'enclave espagnole. Le parti qualifie la stratégie marocaine de « guerre hybride » et exige que l'exécutif espagnol s'explique devant la Chambre basse.
Dans une déclaration signée par le porte-parole Enrique Santiago et les députés Francisco Sierra et Fèlix Alonso, Gauche unifiée demande que ce rapport analyse les failles potentielles de l'Espagne en matière de cybersécurité, d'armement et d'alliances de défense. Le texte accuse Rabat de mener une campagne de « chantage institutionnel et de déstabilisation politique » à l'égard de Madrid.
Selon les trois députés, le soutien des États-Unis et d'Israël aurait permis au Maroc d'intensifier l'usage d'outils asymétriques : ils citent notamment des technologies de cyber-espionnage comme le logiciel Pegasus, ainsi que l'acquisition par Rabat de systèmes antimissiles Barak MX et de drones de surveillance.
La proposition parlementaire critique également certaines prises de position d'analystes et de diplomates proches d'Israël, accusés de qualifier Ceuta et Melilla d'« enclaves coloniales anachroniques ». Les députés de Gauche unifiée estiment que cet argument assimile, de façon opportuniste selon eux, la présence espagnole en Afrique du Nord à des différends territoriaux propres au Moyen-Orient.
Cette initiative s'inscrit dans une opposition plus large, à gauche comme à droite de l'échiquier politique espagnol, au renforcement de la coopération militaire entre le Maroc, les États-Unis et Israël. En mars 2023 déjà, le parti Podemos avait vivement critiqué un exercice naval conjoint entre les forces marocaines et américaines au large des îles Canaries.
Cette semaine, la députée de la Coalition canarienne Cristina Valido a également interpellé le ministre espagnol des Affaires étrangères, José Manuel Albares, sur le renforcement des liens militaires entre Rabat et Washington. Le dossier illustre la sensibilité persistante, côté espagnol, des questions de sécurité et de souveraineté autour de Ceuta et Melilla, alors que le Maroc consolide ses partenariats stratégiques internationaux.

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