Fabian Ruiz est, sur le papier, le mieux placé des trente nommés au Ballon d'Or 2026 : le milieu de terrain du Paris Saint-Germain est le seul de la liste à avoir remporté à la fois la Ligue des champions et la Coupe du monde la saison dernière. Pourtant, dans une interview accordée à L'Equipe, l'international espagnol de 30 ans n'a rien d'un candidat en campagne active pour la récompense, à l'inverse de concurrents plus offensifs comme Kylian Mbappé ou Lamine Yamal.

"C'est aux votants de décider", tranche l'ancien joueur de Naples, qui préfère insister sur sa contribution collective plutôt que sur ses chances personnelles. "Le plus important à mes yeux est de me mettre à la disposition de l'équipe, tout en cherchant à faire partie des meilleurs. J'ai eu la chance de figurer parmi les 30 nommés l'an dernier et espère finir aussi haut que possible cette année", ajoute-t-il, référence à sa 24e place lors du scrutin 2025.

Cette progression dans le classement, si elle se confirme, viendrait couronner une saison 2025-2026 exceptionnelle avec cinq titres au compteur entre le PSG et la sélection espagnole. Mais Fabian Ruiz reste volontairement en retrait du jeu médiatique qui entoure habituellement la course au trophée. "Figurer parmi les 30 est un privilège", répète-t-il. "Qu'ils votent pour ceux qui, selon eux, le méritent le plus. Je suis déjà très reconnaissant et fier d'être nommé."

Interrogé sur les joueurs ayant pu réaliser une meilleure saison que la sienne au regard du palmarès, le milieu espagnol nuance son propos avec une franchise assez rare dans ce genre d'exercice. "Cela dépend", explique-t-il. "En termes de titres, non. Individuellement, de grands joueurs ont réalisé une excellente saison et leur niveau ne fait aucun doute. Il y a beaucoup de candidats. Faire partie des joueurs cités pour le Ballon d'Or est déjà un privilège et une immense satisfaction."

Cette position en retrait s'explique aussi par des circonstances sportives précises. Fabian Ruiz a manqué trois mois de compétition entre janvier et avril à cause d'une blessure au genou, une interruption suffisamment longue pour peser dans l'appréciation globale d'une saison par les votants, même lorsque le palmarès collectif reste intact. Un candidat plus continu dans son temps de jeu aurait sans doute pesé davantage dans les débats autour du trophée.

Le joueur du PSG pointe également un biais structurel du scrutin, qui favorise traditionnellement les buteurs. "Ceux qui marquent des buts, surtout les attaquants, sont davantage valorisés", constate-t-il. Un constat partagé de longue date dans le monde du football, où les récompenses individuelles ont longtemps été the quasi-chasse gardée des avant-centres et des ailiers les plus prolifiques.

Il tempère toutefois ce constat par un exemple récent : "Rodri a remporté le Ballon d'Or il y a deux ans. Même si les défenseurs et gardiens ont encore du mal à se distinguer, je pense qu'aujourd'hui ce qui compte, c'est plus le rôle que le poste sur le terrain." Le sacre du milieu de Manchester City en 2024 avait en effet marqué une rupture avec des années de domination quasi systématique des attaquants, ouvrant la voie à une lecture plus fine des saisons individuelles.

Fabian Ruiz conclut son propos sur une note pédagogique, qui dépasse le seul enjeu de sa propre candidature : "Donner l'exemple pour que les enfants qui débutent regardent aussi les milieux, les défenseurs et les gardiens, c'est important." Une manière de rappeler que la valeur d'un joueur ne se mesure pas uniquement à ses statistiques offensives, alors que le verdict du jury pour l'édition 2026 du Ballon d'Or est désormais attendu dans les prochaines semaines.

Fabian Ruiz Ballon d'Or PSG Équipe d'Espagne Ligue des champions