Francesco Farioli entame sa deuxième saison sur le banc du FC Porto, une première dans sa jeune carrière d'entraîneur. Après un an à l'OGC Nice puis un an à l'Ajax Amsterdam, l'Italien de 37 ans avait quitté chacun de ces clubs au terme d'un seul exercice. Cet été, il est resté aux bords du Douro, récompensé par le premier Championnat du Portugal de sa carrière, décroché au printemps dernier avec les Dragons.

Le début de saison confirme cette continuité retrouvée : cinq journées de Liga, cinq victoires, quinze points pris sur quinze possibles et un seul but encaissé. Vendredi, Porto s'est imposé 2-1 face à Moreirense, un succès sans éclat particulier mais conforme aux standards d'intensité et de rigueur défensive imposés par son entraîneur depuis son arrivée.

Cet été, Farioli a répété l'exigence d'évoluer pour continuer à gagner, sans pour autant promettre de miracle. « Dans le football moderne, les surprises durent quarante-cinq minutes », a-t-il rappelé, une formule qui résume sa philosophie : limiter au maximum les prises de risque et imposer un rapport de forces par l'intensité plutôt que de miser sur l'exploit individuel.

La saison passée, l'Italien alignait deux équipes bien distinctes : une pour le Championnat, une autre pour la Ligue Europa, avec seulement le défenseur central Jan Bednarek et le capitaine Diogo Costa communs aux deux groupes. Cette organisation lui avait permis de décrocher le 31e titre de champion du club tout en poussant jusqu'en quarts de finale de la compétition européenne. Reste à savoir s'il reconduira ce fonctionnement cette saison, son effectif restant limité en profondeur.

Sur le marché des transferts, le FC Porto est resté fidèle à son modèle économique : vendre plus qu'acheter. Aucun joueur de l'équipe première engagée en Liga n'a quitté le club cet été. Seul Rodrigo Mora, 19 ans et dernière perle formée au club, a été transféré, pour 25 millions d'euros qui pourraient atteindre 50 millions à l'AS Rome. Le jeune meneur de jeu, davantage utilisé en Ligue Europa la saison passée, a quitté le Portugal en raison d'une relative incompatibilité de son profil avec les préceptes de jeu de Farioli, qui avait pris le risque de se passer fréquemment du chouchou des supporters portistes.

Sur le papier, l'effectif à disposition de l'entraîneur italien paraît plus consistant qu'il y a un an. L'ailier brésilien Gabriel Mec, 18 ans, arrivé de Grêmio, et l'attaquant mexicain Santiago Gimenez, prêté par l'AC Milan, doivent notamment renforcer les solutions offensives des Dragons pour cette campagne à trois compétitions.

Un renfort ne sera en revanche pas disponible dans l'immédiat : le milieu danois Victor Froholdt, 20 ans, a été victime d'un choc violent vendredi et se trouve désormais sous protocole commotion. Une absence qui prive Farioli d'une option pour aborder la première sortie européenne de la saison.

Cette entrée en matière dans la plus prestigieuse des compétitions européennes aura en effet lieu dès mardi, à 21 heures, avec la réception de Manchester City. Un adversaire de tout premier plan, qui donnera une indication immédiate sur la capacité du FC Porto à passer un cap face aux meilleures équipes du continent — l'objectif affiché par Farioli pour cette deuxième saison.

Le passif européen récent des Dragons invite toutefois à la prudence. La saison dernière, en Ligue Europa, Porto n'a connu que deux défaites, mais les deux contre le même adversaire, Nottingham Forest : 0-2 en phase de ligue, puis 0-1 en quarts de finale, à chaque fois sur le sol anglais. Et lors de sa dernière participation à la Ligue des champions, en 2023-2024, le club portugais avait été éliminé en huitièmes de finale par un autre club de Premier League, Arsenal, aux tirs au but.

Au-delà du seul résultat comptable, cette entrée en Ligue des champions représente un test symbolique pour Francesco Farioli. Rester deux saisons de suite sur le même banc constitue déjà, pour lui, une forme de rupture avec un début de carrière marqué par des passages écourtés. Réussir à hisser le FC Porto un cran plus haut sur la scène européenne serait la meilleure manière de confirmer que ce choix de continuité, des deux côtés, était le bon.

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