La Fédération internationale de football (FIFA) a tenu à préciser qu'aucune décision n'avait encore été prise concernant le lieu de la finale de la Coupe du monde 2030, en réaction aux déclarations du président de la Fédération royale marocaine de football (FRMF), Fouzi Lekjaa, selon lesquelles ce match se tiendrait au Maroc. Selon les agences Reuters et Associated Press, un porte-parole de l'instance mondiale a indiqué que le site hôte serait choisi « en temps voulu ».
Cette clarification fait suite à une sortie remarquée de Fouzi Lekjaa le 10 septembre, lors d'un meeting électoral organisé à Bouznika. Le dirigeant y a affirmé que la province de Benslimane aurait « l'honneur d'accueillir la finale de la Coupe du monde 2030 » au stade Hassan II, dont la capacité annoncée doit atteindre 115 000 places. Il a également exprimé l'espoir de voir le Maroc figurer parmi les deux équipes disputant cette finale sur ses propres terres.
Le Maroc coorganisera l'édition 2030 de la Coupe du monde aux côtés de l'Espagne et du Portugal, une première historique pour le continent africain, qui accueillera une partie des rencontres du tournoi. Cette édition doit par ailleurs comporter, en marge de la compétition, quelques matches disputés en Uruguay, en Argentine et au Paraguay, en hommage au centenaire de la première Coupe du monde — un format déjà validé par la FIFA lors de l'attribution de l'organisation.
Le stade Hassan II évoqué par Fouzi Lekjaa, en cours de construction dans la province de Benslimane, est présenté depuis plusieurs années comme l'un des projets phares des investissements marocains en vue du Mondial 2030, avec l'ambition affichée d'en faire l'une des plus grandes enceintes sportives d'Afrique. Cet investissement s'inscrit dans un plan plus large de rénovation et de construction de stades à travers le Royaume, engagé en vue de l'accueil conjoint du tournoi.
Les propos de Fouzi Lekjaa interviennent toutefois dans un contexte de concurrence affichée entre les trois pays organisateurs pour le prestige d'accueillir la finale. Des responsables du football espagnol ont, à plusieurs reprises, laissé entendre que ce match se déroulerait en Espagne, sans que la FIFA n'ait davantage tranché ce point que pour l'hypothèse marocaine.
Cette divergence de communication illustre les enjeux qui entourent l'organisation conjointe d'un tel événement entre plusieurs États : chacun des trois pays a intérêt à valoriser en interne son rôle dans le tournoi, alors même que la décision finale relève exclusivement des instances de la FIFA, qui tranchent traditionnellement ce type de question à mesure que l'échéance se rapproche, en tenant compte de critères logistiques, sécuritaires et diplomatiques.
Le fait que la déclaration de Fouzi Lekjaa ait été formulée lors d'un meeting à caractère électoral ajoute une dimension politique intérieure à cet épisode, le dirigeant de la FRMF cherchant visiblement à mettre en avant le rôle du Maroc dans l'organisation du tournoi devant un public local, avant même toute confirmation officielle de la FIFA.
Au-delà de la question du lieu de la finale, le statut de coorganisateur obtenu par le Maroc reste en soi un fait acquis et significatif pour le Royaume, qui capitalise depuis plusieurs années sur sa diplomatie sportive — de la Coupe d'Afrique des nations à son parcours historique en demi-finale du Mondial 2022. La désignation du site de la finale, elle, devra attendre une décision officielle de la FIFA.

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