Le feuilleton autour de Gianni Infantino prend une nouvelle dimension. Dans une lettre commune, l'UEFA, l'AFC et la CONCACAF rappellent que « le football n'appartient à aucun individu ni à aucune institution », une formule perçue comme un avertissement direct adressé à la direction de la FIFA. Les trois confédérations reprochent à l'instance de Zurich de n'avoir montré « aucune reconnaissance » et un « profond manque de jugement ».
Les critiques visent notamment une réunion organisée au Maroc, à laquelle, selon les trois confédérations, aucun membre du Conseil de la FIFA ni aucune association membre n'aurait été convié. Elles prennent toutefois soin de ne pas rejeter en bloc le bilan de la présidence Infantino, reconnaissant des réalisations partagées comme l'élargissement des compétitions, l'attribution des Mondiaux 2030 et 2034, ou encore la redistribution des ressources aux fédérations. Le message politique n'en reste pas moins clair : c'est la gouvernance de la FIFA qui est désormais en cause.
Javier Tebas, président de la Liga, se montre beaucoup plus direct. Dans un entretien accordé au Monde, il affirme que le scandale du FIFA Forward Enterprise n'a fait que confirmer une conviction ancienne : « Pour moi, cela fait longtemps que Gianni Infantino a fait son temps ». Il ajoute : « L'ère Infantino est terminée. Reste à savoir à quelle date cela prendra effet et comment se déroulera sa succession ».
Le dirigeant espagnol ne se limite pas à réclamer un départ. Il évoque l'existence d'un cercle restreint, au sein de la FIFA, informé des discussions autour du projet commercial contesté, et estime que certains dirigeants européens en avaient également connaissance. Son souhait va au-delà d'un simple changement de personne : « J'espère qu'il ne s'agira pas simplement de remplacer certaines personnes par d'autres, mais d'un changement radical ».
Face à cette offensive, la FIFA a choisi de répliquer plutôt que de se taire, dénonçant « un effort concerté et continu visant à saper » l'organisation et son président. Cette riposte intervient alors que le Daily Telegraph a relancé une affaire distincte, celle d'une indemnité de départ à six chiffres versée par l'UEFA à une employée, à l'époque où Infantino en était le secrétaire général, en lien avec une prétendue relation sentimentale.
Confédérations, dirigeants de championnats et instance elle-même ne parlent plus tout à fait le même langage, mais convergent vers une même question : celle du maintien de Gianni Infantino à la tête de la FIFA. Longtemps taboue dans certains cercles, l'hypothèse de sa démission s'installe désormais au cœur du débat sur l'avenir du football mondial.

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