Une enquête publiée par Le Monde relance les interrogations sur la gouvernance de Gianni Infantino à la tête de la FIFA. Le journal suggère que le pouvoir réel du président ne tiendrait plus seulement aux financements distribués par l'organisation, mais à sa capacité à contrôler ceux qui détiennent les 211 voix des fédérations membres.
La charge la plus lourde vient de Constant Omari, ancien président de la Fédération congolaise, ancien membre du Conseil de la FIFA et ancien président intérimaire de la CAF. Selon son témoignage, Infantino aurait constitué des « dossiers compromettants » sur l'ensemble des fédérations africaines. Il accuse par ailleurs certains dirigeants du continent de céder à une « corruption morale », en présentant les financements de la FIFA comme des largesses personnelles du président, alors qu'ils proviennent des ressources collectives des 211 fédérations.
La FIFA a catégoriquement démenti ces accusations auprès du Monde. Le malaise persiste toutefois : un ancien président africain, resté anonyme, tient un discours similaire à celui d'Omari, évoquant des dirigeants nombreux à ne plus vouloir d'Infantino mais qui hésiteraient à s'y opposer par crainte de représailles. Cette source affirme que le président de la FIFA disposerait de leviers disciplinaires et éthiques lui permettant, selon les besoins, de « fermer et ouvrir les yeux » sur la situation de fédérations en difficulté. Ces déclarations restent des témoignages, non des preuves judiciaires.
Derrière la bataille autour du programme FIFA Forward Enterprise se joue une question plus large sur l'emprise d'un président contesté sur une partie du football mondial. Avec ses 54 voix, l'Afrique demeure le principal bastion électoral d'Infantino. Le Monde évoque toutefois des signes de fissures, plusieurs fédérations africaines pouvant reconsidérer leur position.
L'accumulation de témoignages et de contestations autour de la gouvernance de la FIFA pose désormais une question difficile à esquiver : les fédérations soutiennent-elles encore Gianni Infantino par conviction, ou certaines le font-elles par intérêt, dépendance ou crainte de représailles ? Cet enjeu pourrait peser lourdement sur la succession prévue en 2027, et interroge plus largement le fonctionnement institutionnel de la FIFA elle-même.

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