Une enquête de The Athletic révèle que la Fédération russe de football (RFU) conserve toujours son droit de vote au sein de la FIFA, malgré les lourdes sanctions imposées à la Russie depuis l'invasion de l'Ukraine. Ce statut lui permet notamment de participer à l'élection du prochain président de l'instance dirigeante du football mondial.

Depuis 2022, la FIFA et l'UEFA ont exclu les clubs et la sélection russes des compétitions internationales : plus de Ligue des champions, de Ligue Europa, ni de participation aux Coupes du monde ou aux Championnats d'Europe. Mais selon l'enquête, ce boycott sportif marque à peu près la limite des sanctions réellement appliquées par la FIFA. La plateforme Follow the Money avait d'ailleurs déjà révélé que l'instance avait versé de l'argent à des clubs russes pour libérer leurs joueurs en sélection, alors même que certains propriétaires de ces clubs figuraient sur des listes de sanctions économiques européennes, américaines et suisses.

L'adhésion de la RFU à la FIFA n'a en effet jamais été révoquée, ce qui autorise ses représentants à siéger au congrès et à voter lors des élections présidentielles. Plus tôt cette année, Gianni Infantino avait lui-même plaidé pour lever le boycott sportif russe, dans la foulée d'appels similaires visant Israël en raison de la guerre à Gaza. « Cette interdiction n'a rien apporté, elle n'a fait qu'engendrer davantage de frustration et de haine », avait-il déclaré à Sky News, estimant qu'un pays ne devrait jamais être exclu du football à cause des agissements de ses dirigeants politiques.

Ce dossier survient à un moment sensible pour Infantino, qui espère prolonger son mandat jusqu'en 2027 malgré de vives critiques, notamment liées à son projet de céder une partie des tournois de la FIFA à des investisseurs privés. Les 55 membres de l'UEFA se sont unanimement opposés à ce projet dans une déclaration commune, allant jusqu'à évoquer un possible boycott des Coupes du monde. La RFU a rejoint cette déclaration, mais elle a refusé de préciser à The Athletic si elle soutiendrait la réélection d'Infantino.

Les liens entre le président de la FIFA et la Russie ne datent pas d'hier : en 2019, un an après que le pays a accueilli la Coupe du monde, Infantino avait reçu l'Ordre de l'Amitié des mains de Vladimir Poutine. Sollicitée par The Athletic, la FIFA n'a pas souhaité commenter ces révélations.

FIFA Russie Gianni Infantino Sanctions sportives UEFA