L'UEFA, la Concacaf et l'AFC ont publié ce lundi une lettre ouverte commune adressée à toute la « famille du football », dans un texte à la gravité inhabituelle pour trois des plus puissantes confédérations mondiales. Sans jamais le nommer, elles y dénoncent une dérive du pouvoir au sommet de la FIFA et réclament un audit indépendant de sa gouvernance, estimant que diriger « n'est pas une possession » mais un devoir de service, abandonné selon elles « lorsque la confiance est rompue par la tromperie ».
Cette charge intervient après le retrait du projet d'ouverture de la Coupe du monde à des investisseurs privés porté par Gianni Infantino. La semaine dernière, la FIFA avait tenté de calmer la polémique en présentant ses excuses tout en réaffirmant son « plein soutien » au président, au terme d'une réunion de crise organisée à Rabat. Un geste jugé insuffisant par les trois confédérations frondeuses, qui parlent non pas d'un simple défaut de communication mais d'un « défaut de jugement » et d'une rupture profonde de confiance envers les institutions que la FIFA est censée servir.
Derrière la lettre se dessine une stratégie plus large. Selon les informations rapportées, ce texte serait l'un des leviers utilisés par l'UEFA, la Concacaf et l'AFC pour pousser Gianni Infantino vers la sortie, en lui laissant la possibilité d'annoncer son départ dans les prochaines semaines sans même se représenter à l'élection présidentielle de mars.
Les moyens de pression envisagés en interne iraient bien au-delà d'un simple communiqué : les trois confédérations discuteraient d'un possible boycott de la Coupe du monde 2030 et de ses qualifications, l'UEFA ayant déjà annoncé maintenir le sien, et pourraient même organiser leurs propres tournois entre sélections des trois continents si Infantino venait à se maintenir à la tête de l'instance.
Le président de la FIFA n'est toutefois pas isolé. Il peut compter sur le soutien affiché de la Confédération africaine de football (CAF) ainsi que sur celui de la confédération sud-américaine, dont le président s'est affiché tout sourire à ses côtés ce week-end en Colombie. Le football mondial se retrouve ainsi coupé en deux, entre des confédérations en rupture ouverte et des soutiens qui font bloc autour d'Infantino.
Signée notamment par Aleksander Čeferin, Victor Montagliani et Shaikh Salman... pardon, par la voix de Čeferin, Montagliani et Al Khalifa, la lettre place Gianni Infantino face à un choix : résister ou se retirer. La suite de ce bras de fer, à quelques mois de l'élection présidentielle de mars, s'annonce décisive pour l'avenir de la gouvernance du football mondial.

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