Le ministère ghanéen des Affaires étrangères a démenti les affirmations du Front Polisario selon lesquelles Accra aurait rétabli ses relations avec le mouvement séparatiste. Cette clarification intervient après qu'Accra a reçu Tayeb Seddik El Bachir, accueilli par le ministre des Affaires étrangères Samuel Okudzeto Ablakwa, que le Polisario a aussitôt présenté comme un « ambassadeur » officiellement installé au Ghana.
Sur ses réseaux sociaux officiels, la diplomatie ghanéenne a tenu à préciser les termes exacts de cette rencontre : le ministre Ablakwa a reçu Tayeb Seddik El Bachir en sa qualité d'émissaire du Polisario, et non dans un cadre impliquant une quelconque reconnaissance diplomatique renforcée. Accra a confirmé sans ambiguïté que sa décision du 6 janvier 2025 de suspendre ses relations avec le Polisario demeure pleinement en vigueur, contredisant frontalement la version diffusée par le mouvement séparatiste.
Ce type d'annonce prématurée n'est pas un cas isolé dans la communication du Polisario, qui a régulièrement présenté de simples contacts protocolaires ou des rencontres ponctuelles comme des avancées diplomatiques majeures. Plusieurs gouvernements africains ont par le passé dû apporter des démentis similaires, à mesure que le soutien international au plan d'autonomie marocain s'est élargi ces dernières années et que la reconnaissance de la République arabe sahraouie démocratique proclamée par le Polisario s'est érodée sur le continent.
Le geste du Ghana prend un relief particulier au moment où Accra a salué l'adoption de la résolution 2797 par le Conseil de sécurité des Nations unies. Ce texte apporte son soutien au Secrétaire général de l'ONU et à son Envoyé personnel pour le Sahara marocain dans leur mission de facilitation des négociations, sur la base de la proposition d'autonomie présentée par le Maroc, en vue d'une solution politique juste, durable et mutuellement acceptable, conforme aux principes de la Charte des Nations unies.
Cette résolution s'inscrit dans la continuité des précédents textes adoptés par le Conseil de sécurité sur ce dossier, qui ont progressivement consacré le plan d'autonomie marocain comme la base la plus sérieuse et la plus crédible pour parvenir à un règlement politique du différend régional autour du Sahara marocain, écartant l'option d'un référendum d'autodétermination désormais jugée inopérante par une large partie de la communauté internationale.
En réaffirmant son attachement à cette résolution, le Ghana rejoint la position désormais majoritaire au sein du Conseil de sécurité et de nombreuses chancelleries occidentales et africaines, qui considèrent l'initiative marocaine comme le cadre le plus réaliste pour sortir d'un conflit ouvert depuis près d'un demi-siècle. Accra a par ailleurs tenu à souligner qu'elle entendait maintenir un dialogue constructif avec l'ensemble des parties concernées ainsi qu'avec la communauté internationale, dans la perspective d'une paix juste et durable dans la région.
Pour Rabat, chaque clarification de ce type de la part d'un partenaire africain conforte une dynamique diplomatique engagée depuis plusieurs années, consistant à obtenir la fermeture ou la mise en veille des antennes du Polisario dans un nombre croissant de pays du continent. Le Ghana, poids lourd de la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO) et partenaire diplomatique de premier plan sur le continent, avait déjà pris ses distances avec le mouvement séparatiste en janvier 2025, une décision que le démenti d'aujourd'hui vient donc simplement réaffirmer plutôt que contredire.
Cet épisode illustre aussi la vigilance croissante des chancelleries africaines face aux annonces du Polisario, désormais systématiquement vérifiées et, le cas échéant, publiquement corrigées. Pour le Maroc, cette séquence renforce un narratif diplomatique construit patiemment depuis plusieurs années : celui d'un isolement progressif du mouvement séparatiste sur le continent africain, au profit d'un cadre de négociation onusien recentré sur l'autonomie sous souveraineté marocaine.
La séquence ghanéenne, bien que limitée dans sa portée immédiate, s'ajoute ainsi à une série de signaux convergents qui, depuis l'adoption de la résolution 2797, confirment la marginalisation diplomatique progressive du Polisario au profit d'un processus de négociation désormais clairement orienté vers le plan d'autonomie marocain comme seule base de discussion reconnue par les Nations unies.

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