Le Paris Saint-Germain a décroché dimanche à Brest sa première victoire de la saison en Ligue 1 (1-0), mais la soirée s'est terminée sur une note d'inquiétude : Achraf Hakimi n'a pas terminé la rencontre. Le latéral droit marocain s'est arrêté en première période, a tenté de poursuivre, puis a finalement demandé à être remplacé à la 39e minute.

Interrogé après la rencontre, Luis Enrique a évoqué une gêne à l'adducteur, sans pouvoir en préciser la gravité avant la réalisation d'examens complémentaires. Cette sortie prématurée, à une semaine du déplacement à Marseille pour le Classique, suffit à relancer les interrogations sur l'état physique du joueur.

Cette soirée bretonne ne constitue pas un cas isolé. Selon l'historique de Transfermarkt, Hakimi a déjà manqué 22 matchs sur blessure lors de la saison 2025-2026 : 17 rencontres après une sévère entorse de la cheville contractée en novembre, puis cinq autres en raison d'un problème à la cuisse au printemps, pour un total de 80 jours d'absence.

Ces deux épisodes ne permettent pas pour autant de qualifier soudainement le joueur de fragile : une entorse provoquée par un choc ne raconte pas la même histoire qu'une blessure musculaire ou tendineuse. Sa saison avait néanmoins déjà posé la question de l'impact des blessures sur une période particulièrement chargée avec la sélection marocaine, Hakimi ayant dû mener une course contre la montre pour être apte à la CAN, avant d'en enchaîner une autre pour disputer la finale de la Ligue des champions puis la Coupe du monde.

Le doute porte aussi sur son rendement offensif. Hakimi continue de multiplier les courses vers l'avant, mais son influence dans les derniers mètres semble moins constante qu'au cours de sa saison 2024-2025. L'Équipe relevait la semaine dernière qu'il était impliqué dans une action décisive toutes les 335 minutes en 2026, contre une toutes les 194 minutes en 2025. Il serait toutefois hâtif d'attribuer cette baisse aux seules interruptions : les changements de partenaires sur le couloir droit parisien ont eux aussi modifié ses repères habituels.

Pour le PSG, la question se pose avec acuité avant le Classique face à Marseille. En l'absence de véritable doublure au profil identique, Warren Zaïre-Emery peut dépanner au poste de latéral droit, mais ne reproduit pas l'ensemble des qualités offensives du Marocain, notamment sa capacité à percuter et à centrer en profondeur.

Du côté de la sélection nationale, le staff marocain suivra lui aussi de près le résultat des examens. Les Lions de l'Atlas doivent en effet ouvrir leurs éliminatoires de la CAN 2027 face au Gabon le 25 septembre, avant de recevoir le Lesotho le 29, puis d'enchaîner des matchs amicaux de prestige début octobre. À ce stade, rien ne permet toutefois d'annoncer un forfait pour l'un de ces rendez-vous.

La gestion de la charge de travail imposée à l'ancien joueur de l'Inter n'est pas un sujet nouveau. Un programme spécifique avait déjà été mis en place autour d'Hakimi ces derniers mois pour tenter de limiter les risques de blessure, après l'enchaînement particulièrement dense de rencontres entre le PSG et le Maroc sur les compétitions les plus exigeantes du calendrier international.

Hakimi n'a pas perdu du jour au lendemain les qualités qui en font l'un des meilleurs latéraux à son poste. Mais après une saison marquée par deux longues interruptions et cette nouvelle alerte, la question se pose désormais ouvertement : pour retrouver toute sa puissance et sa justesse, le joueur n'a-t-il pas aussi besoin qu'on lui laisse souffler ? La réponse dépendra d'abord du diagnostic médical, puis de la manière dont Paris et la sélection marocaine géreront la suite de son calendrier.

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