Depuis son but éclair à la Red Bull Arena de Salzbourg le 12 août dernier, où sa frappe sous la barre avait lancé le Paris Saint-Germain vers une victoire de prestige en Supercoupe d'Europe face à Aston Villa (2-1), Khvicha Kvaratskhelia n'a plus retrouvé le chemin des filets. Un seul but en ce début de saison pour l'ailier géorgien de 25 ans, dont le niveau irrégulier alimente désormais un débat animé entre consultants sur RMC.
Remplacé dès la mi-temps lors du match nul à Rennes (2-2) et souvent laissé sur le banc par Luis Enrique, qui continue toutefois de le faire jouer à chaque rencontre, l'international géorgien (50 sélections, 23 buts) traverse une période sans éclat. Lors du succès du PSG à Marseille en Ligue 1 dimanche (1-2), il n'a touché que 42 ballons, tenté deux tirs dont un seul cadré, avant de céder sa place à Ferran Torres, décisif peu après son entrée en jeu.
Cette contre-performance intervient alors que Kvaratskhelia arrive avec l'étiquette de meilleur joueur de la dernière Ligue des champions et de candidat crédible au Ballon d'or 2026, après une saison passée qu'il avait su hisser à un niveau exceptionnel malgré des débuts également poussifs. Le natif de Tbilissi n'a par ailleurs pas disputé la Coupe du monde 2026 cet été, ce qui aurait pu lui laisser davantage de temps de récupération avant la reprise avec le club parisien.
Dans l'émission Rothen s'enflamme ce lundi, Jérôme Rothen s'est montré sévère à l'égard du Géorgien. "Ce que je lui reproche, c'est tout ce qui fait sa force, c'est son investissement", a-t-il observé, rappelant l'enchaînement des compétitions mais aussi les quelques jours de vacances dont l'ailier a bénéficié. "Je ne demande pas qu'il soit à son meilleur niveau (...) mais quand on parle de Ballon d'or, on se doit d'être exigeant. Je ne sais pas si c'est lui qui l'aura, mais quand tu es prétendant, il doit se passer des choses lorsque tu mets le pied sur un terrain."
Le consultant de RMC a poursuivi son constat en évoquant la seule prestation notable du Géorgien depuis la rentrée, lors de la défaite du PSG contre Monaco (1-2), où il avait délivré une passe décisive pour Marquinhos. "Ce n'est pas suffisant. Tu dois montrer autre chose. Quand je vois son match à Marseille, je reste un peu sur ma faim." Jérôme Rothen dit espérer que la trêve internationale, durant laquelle Kvaratskhelia retrouvera le sélectionneur géorgien Willy Sagnol, lui permette de se relancer mentalement et physiquement.
Éric Di Meco a défendu une analyse radicalement opposée sur le plateau. "L'an dernier, il a fait le même début de saison et on se souvient comme il l'a fini", a-t-il rappelé, soulignant la rareté des joueurs capables d'accélérer en cours de saison pour finir plus forts encore. Pour l'ancien international français, le débat autour du joueur le plus décisif de la dernière campagne européenne du PSG n'a tout simplement pas lieu d'être à ce stade de la saison.
"Il y a de la gestion de la saison. Ce sont des mecs habitués du money time. Pour le PSG, c'est en gros de février à mai. Pourquoi ça ne durerait pas ?", a insisté Éric Di Meco, qui dit ne pas comprendre qu'un débat puisse exister sur les performances de Kvaratskhelia au regard de ce qu'il a accompli depuis son arrivée au club.
Au-delà de la joute entre consultants, cet épisode illustre une réalité propre aux calendriers surchargés des grands clubs européens : la gestion individuelle des organismes et des pics de forme sur une saison qui s'étire désormais sur près de dix mois, entre championnat national, Ligue des champions et échéances internationales. Pour un effectif parisien engagé sur tous les fronts, la question de savoir à quel moment exiger le meilleur de ses joueurs les plus talentueux reste un arbitrage permanent pour Luis Enrique.
La trêve internationale à venir offrira un premier élément de réponse. Si Kvaratskhelia parvient à retrouver des sensations positives sous les couleurs de la Géorgie, la question de sa forme actuelle avec le PSG pourrait rapidement s'effacer devant le calendrier chargé qui attend le club parisien dans les semaines suivantes, entre Ligue 1 et Ligue des champions.

Chargement des commentaires...