Le ministère espagnol de la Défense a annulé toutes les permissions des militaires déployés à Ceuta, l'enclave espagnole située sur la côte marocaine, leur ordonnant de rester en état d'alerte jusqu'à nouvel ordre. La mesure intervient alors que les autorités espagnoles redoutent une nouvelle tentative de passage massif depuis le Maroc, annoncée selon des appels relayés sur les réseaux sociaux pour le 15 août. Cette initiative intervient à la veille d'une date scrutée avec attention par les autorités espagnoles et marocaines de part et d'autre de la frontière.

Selon la radio espagnole Cadena SER, l'ordre a été émis dimanche soir par le commandement général de Ceuta. Il fait suite à un signalement du Centre national du renseignement espagnol, qui a pris acte ces derniers jours d'appels diffusés sur les réseaux sociaux en faveur d'un passage massif vers la ville le 15 août. Ces informations, relayées notamment par des groupes actifs sur les réseaux sociaux, restent pour l'instant impossibles à vérifier de façon indépendante.

Le rapport cité par Cadena SER attribue l'annulation des permissions à des « exigences de service nécessitant une intensification de l'activité des unités déployées à Ceuta ». Des exceptions restent toutefois prévues pour les cas urgents et dûment justifiés, précise le document. Cette formulation reste volontairement générale, comme c'est souvent le cas pour ce type de communication militaire.

Cette décision vise à accroître le niveau de préparation des unités militaires espagnoles et à renforcer leur capacité d'intervention à la frontière avec le Maroc. L'objectif affiché est d'éviter une répétition des événements du 30 juillet, lorsque plus de 72 000 personnes étaient entrées à Ceuta depuis le territoire marocain, selon les chiffres communiqués par le ministère espagnol de l'Intérieur. Ceuta compte parmi les points de passage les plus surveillés de la frontière hispano-marocaine, aux côtés de Melilla.

Ceuta reste un point de friction récurrent dans la gestion des flux migratoires entre Madrid et Rabat, en raison de sa position d'enclave espagnole adossée au territoire marocain. La mobilisation annoncée cette semaine illustre la sensibilité particulière de cette frontière, régulièrement scrutée par les deux capitales. Chaque pic de tension à ce poste-frontière rappelle combien la coopération migratoire entre les deux pays reste un enjeu stratégique majeur.

Le précédent du 30 juillet, quand des dizaines de milliers de personnes avaient franchi la frontière en l'espace d'une journée, avait déjà mis sous tension les dispositifs de sécurité espagnols à Ceuta. La perspective d'un nouveau mouvement de grande ampleur le 15 août pousse désormais Madrid à anticiper plutôt qu'à réagir, en maintenant ses troupes en position plutôt qu'en permission pendant la période estivale. Les prochains jours diront si cette mobilisation suffira à contenir un nouvel afflux comparable à celui du 30 juillet.

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