Le ministre de la Justice marocain, Abdellatif Ouahbi, a appelé au retour de tous les mineurs marocains actuellement présents en Espagne, y compris ceux arrivés à Ceuta lors de la dernière vague de passages. Cette prise de position intervient alors que le président de Melilla, Juan José Imbroda, a lui-même exhorté le gouvernement espagnol à engager des discussions avec le Maroc pour actualiser l'accord relatif au retour des mineurs non accompagnés. Les deux déclarations relancent un dossier sensible entre Rabat et Madrid, celui du sort des enfants marocains isolés sur le sol espagnol.
Dans une déclaration à la presse, Ouahbi a indiqué que Rabat chercherait à rapatrier ces mineurs par les voies légales et politiques. Il a tenu les autorités espagnoles pour responsables de leur sort ainsi que des conditions dans lesquelles ils vivent, loin de leurs familles. Le ministre a insisté sur le fait que le Maroc n'était pas disposé à abandonner ses mineurs, dont le retour auprès de leurs proches demeure, selon lui, l'option la plus conforme à leurs intérêts.
Ouahbi a également affirmé que le niveau des relations et de la coopération entre Rabat et Madrid permettait d'envisager une solution rapide à ce dossier. Cette référence au partenariat bilatéral illustre la volonté marocaine de traiter la question dans un cadre institutionnel, plutôt que par la confrontation publique.
De son côté, Imbroda a appelé le gouvernement espagnol à renégocier l'accord sur le retour des mineurs étrangers non accompagnés, signé en 2013 avec le Maroc. Dans un entretien accordé à Cadena COPE, il a affirmé que Rabat n'avait pas repris ses mineurs depuis la signature de ce texte, alors que, selon lui, les informations relatives à leurs familles et à leurs lieux de résidence avaient pourtant été transmises aux autorités marocaines.
La reprise de ce débat fait suite à la dernière entrée massive enregistrée à Ceuta, au cours de laquelle environ 80 000 personnes sont arrivées, dont 1 400 mineurs non accompagnés. Cet afflux a remis sur le devant de la scène la question de l'application concrète de l'accord bilatéral de 2013, régulièrement critiqué des deux côtés du détroit pour son manque d'effectivité.

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