La Mission des Nations unies pour l'organisation d'un référendum au Sahara marocain (MINURSO) a accueilli cette semaine, à Laâyoune, son nouveau commandant de la Force, le général de division pakistanais Jawwad Ahmed. La cérémonie, un défilé militaire organisé au siège de la mission, a été rapportée le 18 septembre par l'agence Associated Press of Pakistan et marque une nouvelle étape dans le dispositif onusien déployé sur le territoire.
La passation s'est déroulée en présence de Ron Misty Kamwendo, originaire du Malawi et chef de l'appui à la mission de la MINURSO, ainsi que du chef d'état-major de la Force, le capitaine ASA D. Kim. Les deux responsables ont souhaité la bienvenue au général Ahmed et ont souligné, devant le personnel militaire et civil rassemblé, l'importance de la composante militaire dans la mise en œuvre du mandat de la mission. Ils ont également salué l'expérience professionnelle du nouveau commandant, en particulier son parcours dans les opérations de maintien de la paix des Nations unies.
Le général Ahmed s'est dit « honoré » d'assumer cette responsabilité et s'est engagé à servir la cause de la paix conformément aux principes de la Charte des Nations unies. Il a fait part de son intention de visiter dans les prochaines semaines les différents sites de la MINURSO répartis sur le territoire, ainsi que de consulter les représentants de la mission pour mieux appréhender son fonctionnement quotidien et les défis auxquels elle est confrontée.
Sa nomination remonte au mois d'août, décidée par le secrétaire général des Nations unies António Guterres. Le général pakistanais succède au général de division bangladais Md Fakhrul Ahsan, dont la mission à la tête de la Force s'est achevée le 2 août. Fort de plus de trente-cinq années d'expérience dans le commandement militaire et les opérations de maintien de la paix onusiennes, Jawwad Ahmed hérite d'un poste sensible, au cœur d'un dossier qui reste l'une des priorités diplomatiques du Royaume.
Créée en 1991 par le Conseil de sécurité des Nations unies, au lendemain du cessez-le-feu conclu entre le Maroc et le Front Polisario, la MINURSO a pour mandat premier de surveiller le respect de cet arrêt des hostilités sur le terrain. Le projet de référendum qui a donné son nom à la mission n'a jamais pu être organisé, faute d'accord entre les parties sur les modalités d'identification des électeurs, et le processus politique s'est depuis déplacé vers d'autres cadres de négociation sous l'égide de l'ONU. Le siège de la mission, installé à Laâyoune, en fait l'un des symboles les plus visibles de la présence internationale dans le dossier du Sahara marocain.
Ce dossier a connu ces dernières années une évolution favorable à la position marocaine. Le plan d'autonomie présenté par Rabat en 2007, qui prévoit une large autonomie de gestion des provinces du Sud sous souveraineté marocaine, est aujourd'hui reconnu par un nombre croissant d'États et par plusieurs résolutions du Conseil de sécurité comme une base sérieuse et crédible pour parvenir à une solution politique durable. La MINURSO continue, dans ce contexte, d'assurer une mission d'observation et de facilitation sur le terrain, en lien avec l'envoyé personnel du secrétaire général de l'ONU chargé du dossier.
Sur le plan strictement opérationnel, l'arrivée d'un nouveau commandant de la Force ne modifie pas en elle-même l'équilibre du dossier politique, mais elle s'inscrit dans le fonctionnement habituel d'une mission de maintien de la paix, dont les postes de direction tournent régulièrement entre pays contributeurs de troupes. Le passage du commandement d'un officier bangladais à un officier pakistanais illustre cette rotation internationale, qui vise à répartir les responsabilités de direction entre les nombreuses nations engagées dans les opérations onusiennes.
La composante militaire de la MINURSO, à laquelle appartiennent des observateurs et des unités issus de plusieurs pays, reste chargée de surveiller le cessez-le-feu, de vérifier le respect des accords militaires conclus entre les parties et de rendre compte régulièrement au Conseil de sécurité de la situation sur le terrain. C'est cette mission, réaffirmée à chaque renouvellement annuel du mandat, que le général Ahmed devra désormais superviser depuis Laâyoune.
En annonçant vouloir se rendre rapidement sur l'ensemble des sites de la mission, le nouveau commandant signale une volonté de continuité dans l'exercice d'un mandat resté stable dans ses grandes lignes depuis plus de trois décennies. Pour Rabat, qui suit de près chaque évolution touchant la présence onusienne sur son territoire, cette passation de commandement, sans être un événement politique en soi, confirme la permanence d'un dispositif international dont le maintien reste indissociable de la recherche d'une solution politique au différend régional autour du Sahara marocain.

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