Aucune décision n'a encore été prise concernant le lieu de la finale de la Coupe du monde 2030, mais la bataille de communication a déjà commencé. Joan Laporta, président du FC Barcelone, a profité d'une interview sur la Cadena SER pour plaider ouvertement en faveur d'une finale disputée au Camp Nou, alors que le Maroc porte la candidature du futur stade Hassan II.
Du côté marocain, la délégation en charge du dossier mise sur le Grand Stade Hassan II, dont la livraison est prévue en 2028. L'enceinte doit pouvoir accueillir 115 000 spectateurs, ce qui en ferait le plus grand stade d'Afrique et, avec cette capacité, le plus grand stade d'Europe également en termes de places disponibles. Un tel gabarit s'inscrit dans la continuité des investissements marocains dans les infrastructures sportives, déjà illustrés par l'organisation de la Coupe d'Afrique des Nations et par la construction de plusieurs enceintes modernisées ces dernières années.
Cette candidature s'inscrit dans le cadre plus large de l'organisation conjointe de la Coupe du monde 2030 par le Maroc, l'Espagne et le Portugal, une édition particulière du Mondial qui doit aussi comporter des matches d'ouverture célébrant le centenaire de la compétition en Amérique du Sud. Le choix du stade qui accueillera la finale reste l'un des arbitrages les plus symboliques de cette organisation partagée, et la FIFA n'a pour l'instant tranché ni sur la ville ni sur le pays hôte de ce match.
En Espagne, le dossier tourne également à la rivalité interne entre les deux plus grands clubs du pays. Les dirigeants du Real Madrid poussent pour que la finale se joue au Santiago-Bernabéu, récemment rénové, tandis que les dirigeants du FC Barcelone défendent la candidature du Spotify Camp Nou, dont la capacité doit atteindre 105 000 places une fois les travaux achevés. Ce duel entre les deux clubs rivaux illustre à quel point l'enjeu dépasse le simple cadre sportif pour toucher au prestige national et à l'image internationale de chaque enceinte.
C'est dans ce contexte que Joan Laporta est intervenu sur la Cadena SER. Il a d'abord lancé une pointe d'humour en affirmant que « Casablanca et Madrid, c'est pareil » — une allusion au surnom du Real Madrid, la « Casa Blanca », qui signifie littéralement « maison blanche » en espagnol. Cette entrée en matière annonçait la suite d'un discours résolument favorable à la candidature catalane.
Le président catalan a ensuite assumé un discours plus offensif en faveur de sa ville et de son pays : « Avec tout le respect que je dois au Maroc, la finale de la Coupe du monde 2030 devrait se jouer en Espagne, et par ailleurs, l'Espagne est une équipe championne du monde. » Il a conclu son propos en rappelant que la finale du Mondial 1982 s'était déjà déroulée au Bernabéu, estimant que le choix logique pour 2030 serait donc de retenir cette fois la ville catalane plutôt que Madrid.
Au-delà de la petite phrase, cet épisode illustre l'enjeu symbolique que représente l'organisation d'une finale de Coupe du monde pour les villes et les fédérations concernées. Au-delà du seul prestige sportif, accueillir ce match constitue une vitrine internationale durable pour les infrastructures, le tourisme et l'image économique de la ville retenue, comme l'ont montré les éditions précédentes organisées par plusieurs pays. Le choix final de la FIFA aura donc des répercussions qui dépassent largement le simple calendrier des matches, à la fois pour le Maroc, l'Espagne et le Portugal.
Pour l'heure, trois villes restent officiellement en lice pour accueillir cette finale : Casablanca, Madrid et Barcelone. Aucune décision n'a été communiquée par la FIFA, qui devrait rendre son arbitrage dans les prochaines semaines. Cette annonce est très attendue, tant par les autorités marocaines que par les instances espagnoles, chacune consciente de l'enjeu d'image que représente l'organisation d'une finale de Coupe du monde.

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