Le président de la Fédération royale marocaine de football (FRMF), Fouzi Lekjaa, a annoncé que le Maroc allait accueillir la finale de la Coupe du monde 2030, organisée conjointement avec l'Espagne et le Portugal. Selon ses déclarations, la rencontre décisive de la compétition se tiendra au Grand Stade Hassan II, actuellement en construction dans la province de Benslimane. Cette annonce intervient alors que la répartition précise des matchs entre les trois pays hôtes n'a pas encore été officialisée par la FIFA, ce qui confirme malgré tout les ambitions affichées du Royaume dans l'organisation de cet événement planétaire.

L'annonce a été formulée jeudi lors d'un meeting politique à Bouznika, à quelques semaines des élections législatives prévues le 23 septembre. Fouzi Lekjaa s'exprimait en tant que membre du bureau politique du Parti authenticité et modernité (PAM), qu'il a récemment rejoint. Il occupe par ailleurs les fonctions de ministre délégué chargé du Budget au sein du gouvernement marocain, ce qui donne un poids institutionnel supplémentaire à ses propos, prononcés dans un cadre partisan plutôt que dans une communication officielle de la FRMF ou de la FIFA.

« Ce que vous devez savoir, c'est que la province de Benslimane aura l'honneur d'accueillir la finale de la Coupe du monde 2030 », a-t-il déclaré, se montrant à la fois sûr de lui et serein sur ce dossier. Le président de la FRMF a également exprimé le souhait de voir la sélection marocaine disputer elle-même cette rencontre décisive, une perspective qui ajouterait une dimension symbolique supplémentaire à l'événement pour le pays hôte.

Cette prise de position tranche avec les spéculations relayées à plusieurs reprises par la presse sportive espagnole, qui a évoqué l'Espagne comme pays hôte de la finale. Fouzi Lekjaa a explicitement pointé ces informations, sans pour autant chercher la polémique, préférant réaffirmer la position marocaine avec assurance plutôt que d'entrer dans un débat médiatique frontal avec les responsables espagnols du dossier.

Officiellement, la FIFA n'a pas encore tranché la question du lieu exact de la finale. Si les trois pays organisateurs — Maroc, Espagne et Portugal — ont bien été désignés pour se partager l'organisation du tournoi et de ses différents matchs, la répartition précise des rencontres, et en particulier celle de la finale, reste à confirmer par l'instance internationale du football, ce qui laisse ouverte la possibilité d'un désaccord avec les attentes marocaines exprimées par Fouzi Lekjaa.

Ce statut de coorganisateur, obtenu après plusieurs candidatures marocaines infructueuses aux éditions précédentes de la Coupe du monde, marque une étape majeure dans la stratégie sportive du Royaume, qui avait notamment porté sa candidature pour l'édition 2026 avant que celle-ci ne soit attribuée au projet nord-américain regroupant les États-Unis, le Canada et le Mexique. Le Mondial 2030 se veut ainsi l'aboutissement d'une politique de long terme, portée par les infrastructures développées à l'occasion de la Coupe d'Afrique des nations et par les investissements accrus dans le football national ces dernières années.

Le Grand Stade Hassan II, dont l'achèvement des travaux est prévu pour 2027, constitue la pièce maîtresse de ce dispositif. Avec une capacité annoncée de 115 000 places, l'enceinte est conçue pour devenir l'un des plus grands stades de football au monde. Le projet s'étend sur un chantier de 100 hectares, qui comprendra également une salle d'athlétisme, une salle omnisports, des piscines et divers espaces de loisirs, dans une logique de pôle sportif intégré plutôt que de simple stade isolé.

Au-delà de l'enjeu sportif, cette annonce illustre la manière dont le dossier du Mondial 2030 s'invite désormais dans le débat politique intérieur marocain, à l'approche d'un scrutin législatif où plusieurs formations cherchent à s'approprier les grands chantiers nationaux. Elle confirme aussi la centralité que le Royaume entend occuper dans l'organisation de cette édition partagée, dans un contexte où la répartition des grands rendez-vous du tournoi demeure un sujet de négociation entre les trois pays hôtes et la FIFA, plutôt qu'une question définitivement tranchée.

Pour l'heure, aucune confirmation officielle de la FIFA ne vient corroborer les propos de Fouzi Lekjaa, ce qui invite à considérer cette annonce comme une déclaration d'intention forte plutôt que comme une décision actée. Reste que la mise en avant du Grand Stade Hassan II, avec ses caractéristiques hors normes, illustre la volonté du Maroc de peser dans les arbitrages à venir sur l'organisation de ce Mondial partagé avec l'Espagne et le Portugal.

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